‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 192 sur 460 · L. Bréuier, L'Art chrétien. P., 1918, p · texte numérisé non relu

L. Bréuier, L'Art chrétien. P., 1918, p

3lO FIRMÏCUS MATERNUS

Nous possédons, sous le nom de J. Firmicus Maternus, deux ouvrages de caractère tout à fait différent : un manuel d'astrologie, le plus ample que nous ait légué l'antiquité sur cet ordre de questions, Matheseos libriviu, et un traité de polémique contre le paganisme, le de Errore projanarum Religionum '.

Est-ce le même Firmicus qui les a écrits l'un et l'autre ? L'étude de Cl. -H. Moore ne permet plus guère d'en douter. Les deux œuvres ont été composées à quelques années de distance, l'une, entre 335 et 337, l'autre (le de Errore) entre 346 et35o. L'auteur de la Mathesis nous apprend qu'il est né en Sicile- ; or l'auteur du de Errore connaît personnellement ce pays ^ Enfin la similitude des particularités de langue, les analogies d'expressions, sont frappantes* : au total, l'identification s'impose.

La Mathesis est dédiée à LoUianus Mavortius, gouverneur de Campanie. Firmicus lui-même appartenait à l'ordre sénatorial. Il nous apprend qu'il s'était d'abord consacré au barreau, et que, dégoûté par les désagréments et les inimitiés que lui avait valus l'exercice de sa profession, il l'avait finalement abandonnée. Dans

1. Dom MoRiN (Histor. Jahrb., 1916, p. 329-266) attribue à Firmicus les Consultationes Zacchaei et ApoUonii (P.L., XX, 1071-1166); de même, avec des réserves, A. Rea.tz, dans der KathoUk, XXI (1919), p. 3oo et s.

2. I Proœm., iv : « SiciUae situm, quara incolo et unde oriendus sum ». Cf. VI, XXX, a6.

.l. de Err., vu (description des environs de Henna).

4. Ces rapprochements sont indiqués dans l'édition de Ziegler, L., 1907. Un des plus signilîcalits est de Err., xxvi, 3 ; cf. Math., V, Praef. 3 (Skutsch, p. 280, ligne 17).

LA MATHESIS 3ll

SU pensée, ses huit livres sur l'Astrologie devaient contenir « omnem disciplinam diuinae malheseos ». Il y a pourtant des lacunes et des erreurs ' : l'auteur convient qu'il n'est pas très au fait de la matière qu'il traite. Il travaille d'après des sources giecques et latines, dont il précise rarement l'origine, soucieux avant tout (de son propre aveu) d'annexer une nouvelle province à la littérature romaine ^ Il n'y a pas lieu d'insister ici sur ce traité technique. Il suffira de noter les tendances curieuses qui s'y font jour. Firmicus recommande certaines restrictions prudentes dans l'usage des déterminations astrologiques. Il faut se garder de rien avancer sur les choses de l'Etat ni sur l'empereur. Maître de l'univers, l'empereur échappe, en raison de sa divinité même, aux influences stellaires '. Ce qui, à notre point de vue, est assez significatif, c'est que Firmicus paraît préoccupé de divers problèmes moraux connexes à sa science favorite. Il cherche à concilier, d'une façon d'ailleurs fort superficielle, le souci de la morale et le respect de l'astrologie *. Il veut qu'on n'aborde cette science qu'avec un cœur pur et sobre, car elle oblige à un .commerce journalier avec les dieux \ Les prières par lesquelles il ouvre les Y" et YIF livres sont d'un accent presque chrétien.

Qu'il eût déjà embrassé la foi, au moment oiî il écrivait sa Malhesis et projetait d'autres travaux du même genre', c'est ce qu'on n'oserait raisonnable-

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