II, XXX, I
^. V, 1, 38; VIII, I, lo; VIII, iv, i4.
3l2 FIRMICUS MATERNUS
ment soutenir. L'astrologie était, de longue date, suspecte au christianisme ' en tant que contraire à l'idée même d'une Providence dont rien ne peut enchaîner les libres décisions. En prétendant que la destinée est immuablement inscrite dans les astres, les astrologues paraissaient rendre superflu tout recours au vrai Dieu. Ce qu'on peut dire, c'est que Firmicus trahit certaines dispositions intimes qui rendent moins surprenant le fait de sa conversion, survenue dans le laps d'une dizaine d'années qui sépara de la Mathesls le de Errore profanarum Religionum.
Le début du de Errore manque : les deux premiers feuillets ont été arrachés de l'unique manuscrit fort gâté, un Vaticanus-Palatinus (n° i65, X* s.), d'après lequel Mathias Placius lUyricus donna la première édition, à Strasbourg en 1062. et que Bursian a retrouvé en i856 à la Yaticane. Firmicus s'en prend tout dabord à la divinisation des éléments : leau (culte d'Osiris et d'Isis), la terre (culte de Cybèle et d'Attis), l'air (culte de la Juno caelesUs), le feu (Perses, Mages, culte de Mithra) ; et il coupe ses anecdotes plus ou moins scandaleuses d'exhortations pathétiques à l'adresse des fauteurs de ces fictions ridicules. 11 applique ensuite (§ vi et s.) les procédés critiques de l'exégèse évhémériste à une série d'autres cultes, de ceux surtout qui. venus d'Orient, étaient spécialement chers au sentiment religieux païen (le Liber de Crète, et celui de Thèbes ; la Cérès d'Henna ; Adonis : Jupiter Sabazios ; les Corybantes ; le Cabire de Macédoine) : parricide, adultère, pédérastie, vol.
I. Voir Dict. of Christian Antiqaities, Lo., 1898, art. Magic et Astrologie ; R.H.L.R., 1908, p. iSi et s., et 1906, p. 4o ; Bev. Histor., t. LXV (1897), p. 36a et s. La polémique chrétienne contre cet pratiques n'a pas encore été étudiée d'une façon approfondie.
LE DE ERRORE PROFANARUM RELIGIONUM 3l3
inceste, il nest pas de crime que ces dieux n'autorisent par leur exemple, et dont on ne puisse recueillir dans leurs légendes la leçon *. Firmicus prête même au soleil un éloquent discours, où, à propos de l'identification que d'aucuns voulaient parfois établir entre Bacchus et l'astre de lumière, celui-ci proteste contre pareille extravagance et invite les hommes à écouter plutôt la parole divine (§ vni, i-3). Quelques chapitres sont consacrés à dévoiler l'étymologie du nom de certains dieux : Serapis (= Xàppaq ^ctîq, l'enfant de Sarah), c'est le Joseph de l'Ecriture, que les Egyptiens adorent comme assurément il n'aurait jamais voulu l'être ; les Pénates (de penus, provisions) n"étaient à l'origine que les mets quotidiens par lesquels l'homme soutient sa vie, etc. A ces fantaisies succèdent (xviii et s.) des indications, fort précieuses pour l'histoire, sur les signes et les symboles, ou mots de passe, en usage dans les mystères ^ « J'ai pris à manger dans le tympanon, j'ai bu dans la cymbale et j'ai appris à fond les religieux mystères » (Culte d'Attis et mystères d'Eleusis) ; « Salut, nouvel époux, salut, nouvel époux, salut, lumière nouvelle ! » (Mystères de lacchos) ; u Dieu issu de la pierre ! » (Mystères de Mithra) ; « Hélas ! ô toi qui as deux cornes et deux formes ! » (Mystères de Bacchus) ; « Ayez bon courage, vous, l'initié du dieu affranchi ; car vous serez affranchis de vos douleurs » (Mystères d'Isis, d'Attis