‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 195 sur 460 · P.L., CLXXVIII, i86/i · texte numérisé non relu

P.L., CLXXVIII, i86/i

3l8 SAINT HILAIRE DE POITIERS

Que le bienfait des amitiés officielles n'ait pas été toujours pour l'Eglise un bienfait sans mélange, c'estce que démontre, à n'en point douter, la vie de saint Hilaire de Poitiers.

Le IV" siècle est l'époque des grandes luttes dogmatiques, luttes ariennes, priscillianistes, origénistes, donatistes, manichéennes, ïiovatiennes, pélagiennes. De ces dissensions intestines, aucune ne fut plus grave, plus déchirante pour la foi chrétienne, que la controverse suscitée par Ârius. C'était l'économie fondamentale de la Révélation qui était menacée. En outre, les Césars, en se constituant les protecteurs du christianisme, entendaient bien le mettre en tutelle et prendre parti, au nom de leur omnipotence, entre les factions déchaînées. La faveur manifestée par Constance aux partisans de l'arianisme contre les tenants de la foi de Nicée aurait pu être un facteur décisif dans le développement des faits, si l'admirable ténacité d'un saint Athanase en Orient, d'un saint Hilaire en Occident, n'y avait fait contrepoids. Premier « docteur » ' de l'Église latine, saint Hilaire n'apparaît à la lumière de l'histoire que pendant une dizaine d'années, mais durant cette courte période, qui va de 355 à 867, son action s'exerça avec une efficacité souveraine.

Hilaire naquit à Poitiers dans les premières années du lY* siècle. Sa famille, qui tenait un rang élevé,

I. Ce titre lui a été officiellement décerné au XI\' siècle par le décret Quod potissimuin de la Congréffation des Rites (29 mars i85i) et le Bref Apostolique Si ab ipsis (i3 mai i85i).

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