LA VIE D HILAIRE
(Hait païenne '. Dans celte Gaule du lY" siècle, qui était « une Italie bien plutôt qu'une province^ », llilaire reçut une culture très soignée. Il a indiqué dans l'introduction de son ouvrage sur la Trinité les motifs qui le déterminèrent à se convertir. Il avait vivement senti que jamais il ne pourrait se contenter des jouissances matérielles, bestiales (belainae), de l'oisiveté et de la richesse. Une vie honnête, mais toute ouatée de prudence épicurienne, ne le séduisait pas davantage. Il avait un appétit du divin que satisfaisaient mal les contradictions de la philosophie. La rencontre des Livres saints fit l'illumination dans son ame, jusqu'alors obscure et partagée. De la période entre son baptême et l'épiscopat, nous ne savons rien. Il avait été marié, si l'on en croit le poète Venantius Fortunatus, qui écrivit sa vie, en vers, à la fin du \ P siècle. Nous avons même une lettre d'Hilaire (i à sa fille Abra » : mais ce morceau est d'une si niaise préciosité qu'il est difficile de le croire authentique.
Une fois évêque de Poitiers, un peu après 35o, Hilaire ne tarda pas à entreprendre les luttes qui devaient remplir sa vie. Il était resté jusqu'alors fort étranger aux discussions orientales sur l'ô^Goumoc; et rôjiovoijOioq ^ et se reposait dans la paisible possession et prédication des vérités acquises '. Son premier ouvrage, les Commentaires sur saint Mathieu, où il traite diverses questions connexes au texte évangélique bien plutôt qu'il n'en donne une paraphrase