‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 212 sur 460 · LES ARIENS · texte numérisé non relu

LES ARIENS

il fait entendre le stridor de la soie à travers le corps d'Isaïe et en suit la hideuse progression,

La Bibliothèque Vaticane et l'Ambrosienne de Milan se partagent un palimpseste qui renferme de curieux fragments d'origine arienne. Ce palimpseste provient du couvent de Bobbio. « Les moines de l'Abbaye de Bobbio, fondée en 6i3 par saint Colomban, s'étant donné pour tâche de lutter contre l'influence de l'arianisme, perpétué en Italie par la domination gothique, puis lombarde, furent amenés à réunir dans leur bibliothèque tout un matériel arien '. » Ces vingt et un frag-ments se réfèrent tous à l'arianisme, sauf les deux derniers, qui sont formés d'extraits d'un apocryphe, VAscension d'Isaïe. C'est Angelo Mai qui les édita le premier en 1828. Ils appartiennent à différents ouvrages, de caractère soit homélitique, soit dogmatique, soit polémique. Il n'y a pas de difficulté formelle à les attribuer à un même auteur, que certains indices invitent à chercher parmi les évêques des milieux danubiens. On a songé à Maximin, à Auxence de Durostorum, à Palladius de Ratiaria, mais aucune raison décisive ne permet une imputation vraisemblable. — Un autre palimpseste de Bobbio, déchiffré et publié également par Mai, a livré des fragments de commentaije sur saint Luc. A la phraséologie édifiante, s'y mêlent des affirmations d'un arianisme « homéen » très caractérisé *.

Le traité de saint Augustin Contra sermonem arianorum a sauvé un sermon arien anonyme {Quidam sermo Arianorum sine noniine aiicioris sui) qui y sert comme de préface. Pareillement un commentaire arien sur

I. J. Zeilleb, Les Orig. chrél. dans les Prov. Danubiennes, etc.. P., 1918,

a. Ibid., p. 499, où les principaux textes sont cités.

34o LA LITTÉRATURE ARIENiNE ET ANTIARIENNE

Job s'est glissé parmi les œuvres d'Origène. Ces opuscules sont d'une médiocrité fastidieuse. Il n'en va pas de même de VOpus imperfectum in Matthaeam, recueil (( incomplet » d'homélies sur l'Évangile de saint Matthieu, dont saint Jean Chrysostome a été longtemps regardé comme l'auteur, quoique la doctrine arienne s'y trahisse par des déclarations sans aucune ambiguïté'. Saint Thomas d'Aquin (qui lisait probablement l'ouvrage dans une édition amendée) déclarait qu'entre posséder Paris ou posséder ce livre, c'est pour VOpus imperfectum qu'il opterait, si le choix lui en était donné. L'auteur y parle en évêque, avec beaucoup de force et d'autorité, un grand sens pratique, et une extrême amertume d'avoir vu le triomphe de la doctrine erronée de Nicée sur celle d'Arius. Il avait composé également — c'est lui qui y fait allusion — des Commentaires sur saint Marc et saint Luc. Peut-on l'identifier avec Maximin ? Cette hypothèse ne dépasse pas les limites de la simple probabilité. De même, une tentative érudite pour démontrer que l'œuvre aurait été originairement écrite en grec ne semble pas avoir abouti à de solides conclusions-.

La Dissertatio Maximini contra Amtjrosium (tel est le titre qu'a forgé Kauffmann, son premier éditeur) est sans valeur littéraire. Mais elle a une réelle importance au point de vue de l'attitude des ariens à l'égard de saint Ambroise, et des destinées de l'arianisme illyrien. Cette compilation se tasse dans les marges d'un manuscrit de Paris (Bibl. Nat. lat. 8907) qui renferme les deux premiers livres du de Fide de saint Ambroise et les Actes du Concile d'Aquilée. Elle com-

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