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LA LITTÉRATURE ARIENNE ET ANTI-ARIENNE

Praxean de TertuUien paraît avoir été l'ouvrage de prédilection, à en juger par les coupures ou les résumés qu'il en a tirés pour son opuscule, qui s'adresse aux évêques de Gaule. Il y vise spécialement la deuxième formule de Sirmium (SSy), laquelle était fortement teintée d'arianisme, et l'évêque Hosius de Cordoue, qui avait eu la faiblesse d'y souscrire.

Hosius avait alors une centaine d'années : cela même explique son erreur, à laquelle l'énergie de ses longues sympathies nicéennes le promettait si peu, et qu'il devait désavouer bientôt à son lit de mort. Fort âgé déjà, il avait tenu une place importante au concile de Nicée et il avait présidé le concile de Sardique, dont les canons furent rédigés, semble-t-il, sous son influence directe. Isidore, dans son de Vir. ilL, § v, lui attribue deux opuscules qui ne nous sont pas parvenus. 11 ne reste de lui qu'une lettre à saint Athanase, et une autre au pape Jules.

Eusèbe, né en Sardaigne, évêque de Verceil en 345, après avoir été quelque temps lecteur de l'Eglise de Rome, devint le courageux coopéra teur de l'œuvre de saint Hilaire et subit l'exil en même temps que Lucifer de Calaris, en 355/6. Il séjourna à Skytliopolis en Palestine, puis en Cappadoce, puis en Haute-Egypte. L'édit de Julien le rendit à la liberté ; il mourut le i'' août 370 ou 371. L'Église le vénère comme un martyr. On conserve dans le trésor de la cathédrale de Verceil un manuscrit des Evangiles, rédigé très vraisemblablement au IV° siècle, peut-être de la main même d'Eusèbe, et qui représente un des plus notables textes préhiéronymiens *. Eusèbe de Verceil avait

i. Cf. P.L., XII, 9-948.

LES ANT[-AHIENS 3/i3

traduit, au témoignage de saint Jérôme ', les Commen taires d'Eusèbc de Césarée sur les Psaumes, en laissant tomber les passages d'orthodoxie douteuse. Nous n'avons plus de lui que quelques lettres. On a voulu lui attribuer le Symbolum Athanasianum, dit Symbole Quicumqae *.

L'écrit le plus original de ce groupe d'oeuvres antiariennes, c'est V Altevcatio Heracliani laici cum Germinio episcopo Sirmiensi de fide Synodi Nicaenae et Arimensls Arianorum. Il est daté du 6 des Ides de janvier 366. Il y faut voir, non pas un dialogue imaginaire, mais le compte rendu d'une joute authentique €ntre le laïc Heraclianus qui représente l'orthodoxie nicéenne, et Germinius, l'évêque de Sirmium', tenant de l'arianisme. Heraclianus, jeté en prison avec deux autres confesseurs, soutient vigoureusement la discus sion, qui porte autant sur la divinité du Saint-Esprit que sur celle du Fils. Les arguments mis en œuvre ne sont pas seulement ceux de la dialectique : à un moment donné, sur l'ordre de l'évêque, Heraclianus est souffleté par un lecteur et un diacre. Cependant Oerminius refuse de le livrer à la justice impériale, comme l'y invitent les clameurs de la foule. L'ensemble de ce colloque a du mouvement et de la vie. On remarquera que la profession de foi articulée au cours des débats par Heraclianus est empruntée mot pour mot à un passage de V Apologeticiim de ïertuUien {§ xxi).

Citons, encore, parmi les vestiges subsistants de la

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