‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 226 sur 460 · Ep. XXI, k · texte numérisé non relu

Ep. XXI, k

dose aurait pu procéder avec plus de sang-froid et de doigté qu'il ne se l'était proposé d'abord, attendre les explications de l'évêque, obliger la ville, et non l'évêque personnellement, à payer les frais. Mais, en bonne justice, l'impunité totale était excessive, et propre à encourager les fauteurs de désordre.

Cette réserve une fois marquée, on ne peut méconnaître chez Ambroise un habituel et très noble souci d'équité. C'est ainsi qu'il n'hésita pas à flétrir dans les termes les plus énergiques l'inhumanité des évêques qui arrachèrent au pouvoir impérial une condamnation capitale contre Priscillien et ses partisans, sous prétexte de magie et d'immoralité, en fait pour motif d'hérésie'. Il était loin de penser que l'État dût demeurer indifférent entre les doctrines et les laisser librement se disputer les âmes ; mais il ne fit rien pour contrecarrer le réel libéralisme qu'observait l'État chrétien à l'égard des personnes. Jamais les hauts fonctionnaires païens ne furent éliminés de l'administration, du moment qu'ils servaient bien-, et saint Ambroise était le premier à leur rendre service, quand il le pouvait ^

Ce fut un bienfait qu'en dehors de toute velléité de domination politique, se dressât en face de la toutepuissance impériale une autre puissance, assez forte, quoique désarmée, pour lui imposer un frein moral et l'obliger, le cas échéant, à confesser ses torts. C'est par Ambroise que le peuple comprit quelle médiation clémente, quel abri tutélaire l'Église pouvait désor-

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