SON OEUVRE LITTÉRAIRE
Il reste qu'Ambroise a suivi Cicéron de très près, soit pour le plan général (en dépit de quelques digressions nécessaires à son point de vue particulier), soit pour le détail des idées, et parfois pour les expressions mêmes. J'ai déjà indiqué dans quel esprit il fit cette sorte de transposition', et les étais nouveaux qu'il fournit à maints préceptes traditionnels. Dans chacune de ses exhortations, on retrouve, à l'analyse, comme un amalgame de stoïcisme et de christianisme ; mais c'est le christianisme qui est l'élément prépondérant et décisif. Nulle part on ne saisit mieux à quel point les dogmes capitaux du christianisme, croyance en la Providence, ferme espoir en l'immortalité de l'âme et en la rémunération d'outre-tombe, et surtout foi en Jésus-Christ, ont déplacé maints problèmes moraux ^
Les traités sur la vie ascétique offrent un aspect particulier de la morale d'Ambroise, et ils nous font connaître l'une des formes préférées de sa propagande parmi les fidèles.
De tous les points de l'Italie, et de l'Afrique même, les jeunes filles venaient à Milan prendre le voile. Ces opuscules sont sortis, partiellement tout au moins, des sermons prononcés par Ambroise en l'honneur de la virginité. Le premier en date, le de Virginibiis, remonte probablement à 877. Ambroise y déclare, en effet, qu'au moment où il écrit il est nondiim trienna-