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une véritable renommée d'exégète. De toutes parts on le consultait sur les difficultés qu'offrent l'Ancien et le Nouveau Testament. Pourtant, au point de vue historique, son mode d'interprétation n'offre rien de bien nouveau. Ne visant point à composer des traités scientifiques d'herméneutique sacrée, mais soucieux seulement d'off"rir à ses ouailles les vérités du salut sous la forme la plus propre à les toucher, Ambroise usait de préférence de l'exégèse dite allégorique. Dès les premiers temps du christianisme, saint Paul lavait pratiquée : elle était d'ailleurs en honneur depuis longtemps déjà parmi les Juifs, qui en devaient eux-mêmes l'idée à la philosophie grecque. Toute une tradition l'autorisait donc : mais c'est surtout en Orient, avec Clément d'Alexandrie et Origène, que l'allégorie avait été le plus délibérément érigée en système. Dans la pensée d'Origène, l'allégorie devait servir à exclure de l'Écriture les contradictions, les invraisemblances, ces « scandales », ces w pièges », ces « mystères » qu'il avait plu à l'Esprit de Dieu de semer « dans la foi et dans les histoires » ; et par suite à dégager des apparences les intentions véritables des auteurs inspirés et à mettre en lumière la substance de leur enseignement.
Il serait peu exact de dire, comme on Fa fait quelquefois à tort, que ce soit saint Ambroise qui ait introduit le premier l'exégèse allégorique en Occident. Il suffît, pour annuler cette affirmation, de rappeler les noms de Tertullien, de l'auteur du de Clbis iudaicis, et de saint Hilaire de Poitiers. Mais il lui a donné une importance spéciale, parce qu'elle lui permettait de multiplier à l'infini, à propos des textes, les considérations édifiantes, et de combattre efficacement les hérétiques auxquels il avait affaire. N'est-ce pas grâce
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à clic qu'il conquit rintelligence d'Augustin, encore imbu de bien des préjugés manichéens ' ? Ses maîtres furent surtout le juif alexandrin Pliilon, et Origène. Il ne les a nommés que rarement l'un et l'autre ; il lui est même arrivé de les combattre. Mais, en fait, il se servit d'eux comme de ses guides préférés pour passer du sens littéral à ce qu'il appelle le scnsus altior ou la. subtilior interprétation.
L'exégèse allégorique n'est plus dans le goût moderne. Dabord nous connaissons la Bible beaucoup moins bien que les premiers siècles chrétiens qui en faisaient leur aliment de prédilection et presque leur unique pâture. Ces allusions ou citations sempiternelles nous paraissent se substituer assez inopportunément en plus d'un cas aux arguments de l'expérience et de la raison. Puis, le procédé même de l'allégorie, cette volonté bien arrêtée de rattacher, coûte que coûte, au texte scripturaire toutes les pensées que la vie peut suggéi'er dans l'infinie variété de ses vicissitudes, nous parait une gageure paradoxale à laquelle la subtilité du commentateur prête seule une apparence de réussite. De tels tours de force nous émerveillent moins qu'ils ne nous déconcertent.
Sachons y reconnaître, cependant, le principe d'un art qui, au moins dans l'ordre architectural, produira des merveilles, et d'une conception profondément idéaliste de l'univers. C'est l'interprétation allégorique de la Bible qui a habitué la pensée chrétienne à chercher partout des symboles, à poursuivre l'esprit pur derrière les apparences, à voir en toute forme le signe ou le vêtement d'une pensée, (^ctte conviction mys-