‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 236 sur 460 · SA RÉPUTATION · texte numérisé non relu

SA RÉPUTATION

philosophiques sur la loi de la mort, loi universelle, loi bienfaisante, et donl la rigueur est singulièrement adoucie par les promesses de résurrection. — Le même souci apparaît également dans les hymnes en dimètres ïambiques que composa Ambroise, comme saint Hilaire l'avait déjà fait avant lui, en vue de servir, par une habile propagande, les idées orthodoxes contre les ariens. Des hymnes dites ambrosiennes, quatre sont certainement authentiques S Ï/E terne reriim conditor, le Deus' Creator omnium, le lam surgit hora tertia, le Veni, Redemptor gentium. Huit autres sont douteuses, et les critiques diffèrent d'avis sur la légitimité de leur attribution à Ambroise. Enfermé dans la basilique Porcienne avec une multitude de fidèles, en 386, Ambroise avait préféré subir un siège en règle plutôt que de livrer l'église aux ariens, comme le lui ordonnait la Cour, à l'instigation de l'impératrice Justine. Pour tenir en haleine cette foule inoccupée, il eut l'idée d'introduire dans l'office le chant alterné des psaumes et des hymnes. C'est à Antioche que cet usage semble avoir pris naissance, et il avait passé de là dans les communautés chrétiennes d'Orient. Grâce à Ambroise, il se répandit bientôt dans tout l'Occident ^

Il suffît de parcourir la liste des (cstimonia réunis dans les éditions modernes pour se rendre compte

1. Voy. EuiioMi, « Ambroise (saint) Iiymnographe », dans le Dict. d'Arch. chr. et de Lit., 1, iSiy el s.; Walpole, Notes on the text of Ihe Hymns of S. Ambrose, dans J.T.S., 1908, p. 428-43G.

2. Paulin, Vita S. Ainbrosii, § i3. Saint Augustin, Conf., ix, 7.

qu'Ambroise fut considéré de bonne heure, par ses contemporains, jusqu'en Orient, comme une « colonne de l'Eglise », comme « la perle qui brillait au doigt de Dieu », comme u lîï fleur des écrivains latins ». De son siège de Milan, il exerçait une sorte de primauté morale jusque sur les églises d'IUyrie. On le vit bien lors du concile d'Aquiiée (3 septembre 38i) : ce fut lui qui, manifestement, imposa la procédure sommaire grâce à laquelle, en dépit de leurs faux-fuyants, les évêques ariens Palladius de Ratiaria et SecuAdianus de Singidunum se virent frappés de déposition'. Il travailla de loin à la conversion d'un peuple germanique, les Marcomans. Son biographe raconte (§ 36) que dans les dernières années du IV* siècle la reine Frigitil lui demanda de l'instruire par lettres dans la religion chrétienne. Ambroise déféra à son désir et, toujours animé de son souci de servir Rome, il la pria de travailler l'esprit de son mari pour que celui-ci restât en paix avec l'Empire. Quelques années plus tard, Ambroise sera compté avec Jérôme, Grégoire et Augustin, parmi les docteurs de l'Eglise, qui furent d'abord, on le sait, au nombre de quatre, — « tels les quatre fleuves du paradis », remarque un moine du moyen-âge -.

1. J. Zeiller, iLe Christianisme dans les Provim-es danubiennes, p. SaS et s.

2. loannis monachi liber de miracalis (viu'-ix' s.), éd. Hoferer, VVùrzburg,

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