‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 24 sur 460 · ConJ., m, IV · texte numérisé non relu

ConJ., m, IV

Ix- Voy. les traits relevés par Harnaci, Sitz.-Ber. de l'Acad. de Berlin, 1905, II, p. 1106.

Cette double tendance, du lettré et du chrétien rigoriste, se trahit dans le De Doctrina christiana, mais la seconde est prépondérante, comme il faut s'y attendre en un opuscule qui n'est autre chose qu'un traité de rhétorique sacrée ou un manuel d'interprétation des Ecritures à l'usage des clercs. Selon saint Augustin, il y a, dans la science profane, des éléments si évidemment entachés de superstition que nul honnête homme ne peut songer à s'y initier : par exemple, l'astrologie. Il y en a d'autres, tels que l'histoire, l'histoire naturelle, l'astronomie, la dialectique, la rhétorique, etc., qui, à condition qu'on se gare des dépravations et abus auxquels ils donnent lieu, sont dignes d'étude et rendront les plus grands services à l'exégèse et au commentaire oral des Ecritures. iVugustin aboutit, comme Jérôme, à une allégorie où se résume sa pensée. Il faut qu'imitant le peuple juif, au sortir de l'Egypte, le christianisme emporte les vases d'or et d'argent de ses ennemis, et les emploie pour son usage *.

C'est sous le couvert de telles autorités et de tels raisonnements que la culture antique a pu être sauvegardée. On éprouve quelque surprise à constater que ses défenseurs n'aient point imaginé pour elle de plus convaincante apologie que de la présenter comme une sorte de propédeutique à l'approfondissement de la Bible. Tel est pourtant le fait. Chaque époque a ses raisons spéciales d'aimer le passé, de se rattacher

\. De Doctr. chr., II, xl (P. L., xxxiv, 63).

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