‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 240 sur 460 · R.B., XX (igoS), p. n · texte numérisé non relu

R.B., XX (igoS), p. n

3. Proconsul d'Afrique en 377; préfet de la Ville en 383 et en io8 ; préfet du Prétoire d'Italie en SgG. Cf. G.I.L., VIII 1219 (inscription de Vaga, en Afrique). L'Ambrosiaster est cité par saint Augustin sous le nom de « sanclus Hilarius » (Contra duas Epist. Pelag. IV, iv, 7 ; cf. Ambras, v, 12 [P.L., XVII. 92J).

k. R.B., XXXI (igii)', p. 1-34.

tune que les précédentes ^ Le pis qui menace les curieux de littérature chrétienne, ce sera de lire l'œuvre de l'Ambrosiaster, en se résignant à ignorer le nom véritable du pénétrant et caustique exégète.

Nous n'avons pas à raconter ici en son détail l'histoire du Donatisme, qui accapara au lY" siècle presque toute la vitalité de l'Église d'Afrique. Né au lendemain de la persécution de Dioclétien, sous prétexte que certains évêques, « traditeurs » des Livres saints, étaient désormais indignes de rester préposés à la direction de leur troupeau, ce mouvement se développa rapidement sans que ni les interventions du pouvoir impérial, ni les conférences ménagées entre catholiques et dissidents, réussissent à l'enrayer. Bien des éléments étrangers aux causes initiales de cette crise surexcitèrent les passions de part et d'autre : on vit renaître les vieilles querelles sur la rebaptisation, sur le devoir de inaiiilenir l'Eglise immaculée, sur le l'obligation de courir au-devant du martyre. Le nationalisme local. les questions de personnes, achevèrent d'aigrir le conflit, où les « circoncellions ^ », pillards

1. Les expressions ac per hoc, hinc est iinde, véritables tics de style chez l'auteur du Commentaire des Épîtres de saint Paul et des Questions, sont absentes de la Vie de saint Antoine. — L'Ambrosiaster manifeste un certain antagonisme contre les écrivains ecclésiastiques grecs. Or Evagre était oriental et n'était venu en Italie que vers 363//i, déjà marié. — Enfin le silènes de saint Jérôme dans le de Vir. i'ifusZr. sur des œuvres si importantes se comprend difficilement. La notice sur Evagre (§ cxxv) ne fait qu'une allusion assez vague à des diaersarum éuoGéoecov tractatus non encore édités. Dom Morin indique lui-même ces objections, mais il ne réussit pas à en diminuer l'importance.

2. La forme primitive du mot paraît avoir été circelliones (de circellas

LA LITTÉRATURE DONATISTE 889

et incendiaires, mêlèrent leurs violences anarchiques. Comme tous les grands mouvements d'idées, le donatisme suscita une littérature assez considérable dont nous pouvons nous former une idée approximative, grâce aux réfutations détaillées des polémistes orthodoxes ', et qui resta longtemps sans riposte sérieuse du côté catholique. On remarquera qu'à la différence de l'arianisme, le donatisme est demeuré cantonné en Occident. Il ne semble pas qu'il y ait eu de donatistes grecs, et il n'y a pas eu de littérature grecque donatiste.

Faut-il distinguer Donat le Grand, évêque de Carthage, de Donat évêque de Casae Nigrae ^ ?. la chose est au moins douteuse, et il se peut que ce dédoublement ait été imaginé après coup par les donatistes. Quoi qu'il en soit, le chef de la secte avait composé un grand nombre d'opuscules, ainsi qu'un liber de Spiritu sancto, qui, d'après saint Jérôme, aurait confiné à l'arianisme ^ Tout cela est perdu.

Parmenianus nous est connu par le contra Epistulam Parmeniani de saint Augustin et par le traité d'Optat de Milève. Quoique Espagnol ou Gaulois, c'est lui qui devint le chef de l'Église schismatique d'Afrique et l'évêque de Carthage, après la mort de Donat. Il ne

= Jlbula : cf. schol. ad Juvenal., yi, 379), c'est-à-dire les « continents ». Le sobriquet de circumcelliones, greffé sur le premier par dérision, a une autre signification = circuni cellas uagantcs. Donat restituait le sens originel par la désignation agonistici (Optât, III, iv) : agonisticus = miles Chrisli : cf. saint Augustin, Ennrr. in Ps. 132. Voir Reitze>'stein, dans les Nachrichten Gôtt., igii, i, p. 90.

I. Monceaux (V, 35 et s.) a consacré une étude spéciale aux « passions» des martyrs donatistes.

a. Cf. Dom Chapman, dans R.B., 1909, p. 1 3 et s. ; Mo^cE.vux, IV, p. ao, note j ; V, 99 et s.

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