De Vir. ilL, xciii
prit possession de son siège épiscopal qu'au lendemain de l'abrogation, par Julien l'Apostat, de l'édit de Constant qui. depuis 34 7, tenait en exil les chefs du donatisme. Il eut la lourde mission de réorganiser la secte au milieu de la tourmente qu'avait déchaînée Julien, à dessein peut-être, et il y réussit remarquablement. C'était une intelligence élevée, d'une certaine modération : ses adversaires catholiques parlaient de lui avec déférence. Dans un grand traité en cinq livres, rédigé peut-être dès son retour en Afrique, vers 362- 363, il tentait au détriment du catholicisme une apologie de l'Église donatiste '. Il réagit vivement contre les critiques de Tyconius à l'égard de ses coreligionnaires, dans sa Lettre à Tyconius. Son recueil de Psaumes fut un des ferments de la piété donatiste ^
Gaudentius de Thamugadi (== Timgad) fut, en 4ii, un des sept avocats du donatisme à la conférence de Carthage, tenue sous la présidence d'un délégué de l'empereur Honorius, Marcellinus, qui donna gain de cause aux catholiques. Quand, en I120, le tribun Dulcitius promulgua ses édits contre les donatistes, Gaudentius déclara qu'il préférerait, plutôt que de restituer sa basilique, s'y brûler avec ses fidèles. C'est alors que, sur la prière du tribun perplexe, saint Augustin écrivit le contra Gaudentiam, I, qui lui valut de la part de l'intéressé un pamphlet sous forme de lettre, auquel il répliqua dans un second livre. Nous ignorons l'issue de cette affaire \ qui dut se placer vers [\'2o/i.
i. Restitution du plaa de ce traité par P. Monceaux, dans le Journal des Savants, 1909, p. i58 et s. = Hist. lUt. de l'Afr. chr., v, 227 et s.