‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 248 sur 460 · I. Cf. le début · texte numérisé non relu

I. Cf. le début

a. S XVII.

HILARIANUS 4o3

comme si la parou.sie n'eût été qu'une incertaine échéance. Pourtant la croyance à la fin assez pro chaine du monde demeurait vivante, agissante ; elle était un des ressorts de la moralité individuelle. Le bienfait escompté d'une chronograpliie chrétienne, c'était d'apprendre à chacun si cette sourde inquiétude de l'avenir devait s'apaiser en lui, ou se faire au contraire plus anxieuse, de par la proximité de la catastrophe finale. On eût alors jugé quelque peu étrange le découragement des exégètes modernes en face de la tâche malaisée de concilier les données chronologiques de rAncien Testament, soit entre elles, soit avec celles de l'histoire profane. De là le zèle des interprètes anciens. Si fastidieux que soient pour nous leurs calculs, il faut comprendre le prix qu'ils eurent pour les contemporains. Là où nous n'apercevons qu'une armature squeletlique d'additions quelque peu fantaisistes, ils lisaient le secret de leur destinée personnelle et de celle de l'univers, ils croyaient percer l'énigme des lendemains mystérieux et redoutés. Dans le de die Paschae et mensis, lîilarianus développe et prétend résoudre trois problèmes relatifs à la fixation de la fête de Pâques d'après le cours de la lune, lîilarianus résume ses conclusions au § xiv, et établit la différence entre les calculs juifs et les calculs chrétiens. « Aliud est pascha nostrum, aliud ludaeorum. » Dans toute cette chronologie, il y a plus de fantasmagorie de chiffres que de science solide et véridique. D'après le de Duralione, § i, les deux opuscules formaient le dédoublement d'un ouvrage antérieur, où ils étaient d'abord réunis.

4o4 LES THÉOLOGIENS DE SECOND PLAN

Niceta de Remesiana fut l'apôtre du catholicisme parmi les populations danubiennes. Sa cité épiscopale de Remesiana (= Palanka) non loin de Nisch était en Dacie Inférieure, sur la route de Naïssus à Serdica. Mais l'activité évangélisatrice de Niceta s'étendit certainement au delà des limites de sa circonscription ecclésiastique.

L'antiquité chrétienne n'a pas ignoré son nom. Dans son poème xxvii, Paulin de Noie, qui reçut de lui deux visites, exprime sa joie à la pensée de le voir bientôt S lors du prochain anniversaire de saint Félix. Le poème xvn est un (( Propempticon ^ », en 85 strophes saphiques, adressé à Niceta revenant dans son pays. Paulin y fait allusion à l'heureuse propagande de Niceta au sein des peuples barbares, jusqu'aux monts Riphées (au nord de la Scythie) * :

« Quaque Riphaeis Boreas in oris « Adligat densis fluuios pruinis.

« Hic gelu mentes rigidas superno « Igné resoluis. »

Ailleurs encore, il parle du « uenerabili episcopo atque doctissimo Nicetae, qui ex Dacia Romanis merito admirandus aduenerat*... » La seconde visite de Niceta à Paulin de Noie dut se placer en 4oo. D'autre part, il figure parmi les destinataires de la lettre

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