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lllyricum, autour de Victorin de Pettau pour la première fois, autour de Niceta à la fin du IV siècle, un foyer d'activité théologique peu connu jusqu'ici et auquel la situation de ce pays intermédiaire entre les deux mondes qui y ont eu leur point de rencontre donne une place à part'. » En tous cas, l'histoire de Févangélisation chrétienne doit retenir le nom de l'évêque de Remesiana. civilisateur de la barbarie, ■qu'il rendait romaine en la rendant catholique.
« Orbis in muta regione per te
« Barbari discunt resonare Christam « Corde Romano placidamque casti « Viuere pacem ". »
L'affaire priscillianiste a toujours éveillé chez les historiens de l'Église, orthodoxes ou non, un intérêt particulier. Priscillien n'a-t-il pas été considéré comme la première victime du a bras séculier », de- la force de l'État mise au service de l'Église? Les faits sont bien connus, et il suffira de les rappeler très brièvement.
Né en Espagne vers le milieu du IV" siècle, noble, riche, de haute culture, Priscillien commença à propager ses théories doctrinales aux environs de 370-875, surtout, semble-t-il, dans la région de Mérida-Gordoue. Il rencontra de nombreuses adhésions parmi les gens instruits et parmi les femmes. Deux évêques, Instantius et Salvianus, se joignirent à lui. Mais sa propa-
I. J. Zgiller, Les Orig. chrét. dans les Provinces Danubiennes, p. 556. i. Paulin de Noie. Carmen xvii, tbj et s.
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gande fut violemment combattue par deux autres évêques, Hydatius de Mérida et Itacius d'Ossonoba, qui déployèrent, pour le perdre, un zèle extraordinaire, capable de toutes les violences et de toutes les perfidies. Dès octobre 38o, un concile de Saragosse eut à se prononcer sur « l'hérésie » priscillianiste, et comdamna, sinon Priscillien nommément, du moins les idées qu'on lui attribuait'. Hydacius et Itacius se tournèrent alors vers le pouvoir impérial et obtinrent de Gratien un décret de bannissement contre les « manichéens », terme assez vague qui enveloppait dans l'usage courant les priscillianistes eux-mêmes. Priscillien, qui venait d'être sacré évêque d'Avila par Instantius et Salvianus, fut obligé de passer en Aquitaine. Là encore, il fit des prosélytes : la femme du rhéteur Delphidius, Euchrotia, et sa fille Procula, s'attachèrent à lui et le suivirent en Italie, où ses plaidoyers personnels auprès du pape Damase et de saint Ambroise ne lui procurèrent aucun avantage. Cependant, grâce aux bons offices de Macedonius, magister ojficiorum, et de Volventius, proconsul d'Afrique, il obtint l'annulation de l'édit porté par Gratien et put retourner dans son pays. — Sur ces entrefaites, Maxime, proclamé empereur par les légions de Bretagne et désireux de se ménager les sympathies du clergé catholique, renvoya l'affaire devant un synode réuni à Bordeaux (384). Instantius y fut privé de son siège épiscopal. Quant à Priscillien, il refusa de reconnaître la compétence du concile bordelais, et il commiit l'imprudence d'en appeler à Maxime lui-même. Conduit à Trêves, il fut condamné à mort, sur le rap-
1. Sur ce point litigieux, cf. Cirot, dans Bull. Critique, 1897, "° '8» Babut, Priscillien et le Priscillianisme, p. 40 ; Puech, dans Journal des Savants, 1891, p. 343, et dans B.A.L.A.G., 1912, p. 178.
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port (lu préfet Evodius, avec quatre de ses partisans, y compris Euchrotia, et exécuté. Sulpice-Sévère ' nous fait connaître les motifs de cette condamnation : (i ...conuictumque malejicii nec difTitentem obscenis se studuisse doctrinis, nocturnos etiam turpium feminarum egisse conuentus nudumque orare solitum... » : immoralité et magie: tels avaient été les griefs invoqués, à l'exclusion du crime d'hérésie".
Hydatius et Itacius avaient travaillé dans les sapes pour obtenir ce dénouement sanglant. Parmi les catholiques eux-mêmes, de violentes protestations s'élevèrent contre leur attitude odieuse. Le premier dut se démettre de son siège, le second fut déposé. Saint Martin de Tours, saint Ambroise exprimèrent avec force leur réprobation. Le scandale fut grand aussi du côté païen : dans son panégyrique deïhéodose, en 889, le rhéteur gaulois Latinus Pacatus Drepanius, un ami d'Ausone, parle avec horreur des évêques bourreaux « qui assistaient de leur personne aux tortures et alliaient repaître leurs yeux et leurs oreilles des souffrances et des gémissements des accusés^ ».
La curiosité du public savant fut donc très vivement excitée, quand parurent en 1889, par les soins de Schepss, dans le Corpus Script, eccles. latinorum, t. XVIII, onze traités attribués à Priscillien. Ces traités figurent, sans nom d'auteur, dans un manuscrit du V« ou VP siècle de la bibliothèque de l'Université de Wiirzburg. Ils avaient attiré l'attention du bibliothécaire Ruland, qui en exécuta une copie. Cette copie