‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 253 sur 460 · Ibid., p. Itlt, 10 ; 03, ii · texte numérisé non relu

Ibid., p. Itlt, 10 ; 03, ii

l'affaire prisgillianiste /5ii

historique de Piiscillien. Compulsant le dossier du priscillianisme, il y distingue deux groupes de documents : d'une part, ce qu'il appelle le « dossier primitif )), où il fait entrer parmi d'autres pièces les traités de Schepss : si nous en étions réduits à cette série, u la condamnation de Priscillien ne paraîtrait pas seulement injustifiée, elle serait inexplicable' » ; d'autre part, les documents accusateurs qui surgissent surtout à partir de /ioo et imputent au priscillianisme une multiplicité d'erreurs extraordinaire. Selon la conception de Babut, Priscillien fut surtout « un homme d'opposition et un novateur^ » qui a chercha sincèrement un compromis entre les libres tendances de sa religion personnelle et les exigences de l'orthodoxie^ » et devint finalement la victime des « machinations d'évêques mondains qu'effrayaient la rigueur de ses préceptes et la pureté de son idéal *).

Thèse ingénieuse, qui soulève plus de difficultés qu'elle n'en résout. Si l'idéal de Priscillien était irréprochable, pourquoi le concile de Saragosse l'a-t-il condamné? Pourquoi Ambroise et Damase ont-ils éconduit l'évêque d'Avila? Pourquoi levêque Delphinus, qui avait assisté au. concile de Saragosse, lui interdit- il l'entrée de Bordeaux ? Pourquoi Sulpice- Sévère, qui juge inique la condamnation de Priscillien, a-t-il des mots si durs pour ses erreurs? Comment expliquer aussi les sévérités de saint Jérôme*? Enfin, si Priscillien n'était point hérétique, par quel malentendu ses disciples immédiats le devinrent-ils indubitablement ?

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