Tableau VI, n° i
du Phénix était populaire dans l'antiquité. Hérodote ' l'avait recueillie, sans trop y croire, de 'prêtres égyptiens. Plus d'un écrivain romain s^en était fait l'écho, parmi lesquels le grave Tacite dans ses Annales *. Tacite la rapporte en grands détails, à propos d'une prétendue réapparition du Phénix en Egypte, sous le consulat de Fahius et de Yitellius (3/i p. C). Toujours défiant et partagé à l'égard du « merveilleux », il ajoute : « Tout cela est incertain et grossi de fables. Au surplus, il n'est pas contestable que cet oiseau paraisse quelquefois en Egypte. » Pline l'Ancien ' avait aussi des doutes : haad scio an fabalose. La légende, plus ou moins développée ou retouchée, devait garder sa vitalité jusqu'aux derniers temps de la littérature latine : Claudien la chantera dans une de ses idylles. — De bonne heure, les Juifs s'en étaient emparés comme d'un symbole de la Résurrection. Les chrétiens suivirent leur exemple. Vers la fin du 1" siècle, Clément de Rome résume le mythe du Phénix dans sa Lettre aux Corinthiens*, et conclut ainsi : « Trouverons-nous donc étrange et étonnant que le Créateur de l'univers fasse revivre ceux qui l'ont servi saintement et avec la confiance d'une foi parfaite, alors qu'il nous fait voir dans un oiseau la magnificence de sa promesse? » Un grand nombre d'auteurs chrétiens le traitèrent dans le même esprit. Au début du VP siècle, le poète Dracontius l'allègue encore parmi les exemples de résun-ection qu'offre la nature ^ Cette zoologie appliquée à la doctrine chré-