Carmen de Deo, I, 65o-66o
tienne était tout à fait dans le goût des premiers siècles.
L'auteur du Carmen de Aue Phoenice n'utilise la fable au bénéfice du christianisme qu'avec une extrême discrétion, à tel point qu'on a pu douter qu'il ait eu en vue un autre objet que de développer des péripéties qui lui fournissaient un thème poétique assez brillant. Pourtant certains traits, sans être très caractérisés, décèlent un chrétien, et sous le tour un peu banal des descriptions se dissimule un mysticisme qui sait tirer du lieu commun traditionnel des ajustements heureux à la foi '. 11 n'est ni démontrable ni invraisemblable que ce soit Lactance qui l'ait ainsi adapté.
L'idylle de Mortibus Boum-, en 33 strophes asclépiades, est due à un ami de Paulin de Noie ', le rhéteur Severus Sanctus Endelechius, d'origine gauloise, qui enseignait à Rome vers la fin du lY* siècle. TÏlgon s'étonne de la tristesse de Buculus. Celui-ci lui apprend qu'en deux jours la terrible contagion qui, partie de Pannonie, s'est propagée à travers TlUyrie et la Belgique, lui a enlevé tout son troupeau. Un autre bouvier, Tityre, a gardé le sien intact. Tityre explique qu'une croix placée au front de ses bêtes les a protégées efficacement. Buculus et /Egon décident aussitôt de se-faire initier à la foi salvatrice. Sans égaler les grandes descriptions classiques, celle que Buculus donne du fléau est assez expressive et forte.
I. Par ex. v. gS : « Animam commendat ;> (cf. saint Luc, xxiir, i6) ; V. 6i : « hune orbem, mors ubi régna tenet >>; v. a5 : « fons in medio est, quem uiuum nomine dicunt »; v. 163-170 : éloge de la chasteté.
a. Tableau VI, n" i5.