‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 265 sur 460 · Paulin, Ep. xxviii · texte numérisé non relu

Paulin, Ep. xxviii

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L'admiration universelle dont Virgile était l'objet avait provoqué de bonne heure certains esprits doués d'ingéniosité à composer des poèmes entiers avec des hémistiches empruntés aux Bucoliques, aux Géorgiques, à V Enéide et détournés plus ou moins habilement vers des significations tout à fait imprévues du poète de Mantoue : « On voit aujourd'hui, avait déjà noté Tertullien S sortir de Virgile telle fable entièrement différente où le sujet est adapté aux vers et les vers au sujet. Hosidius Geta a complètement pompé {plenissime exsuxit) sa tragédie de Médée dans Virgile. Un de mes parents, entre autres divertissements littéraires, a expliqué d'après le même poète le Tableau de Cébès. » Ce « travail de chiffonnier » {more centonario) — c'est ainsi que Tertullien le caractérise — était devenu une mode : nous possédons d'assez nombreux spécimens de la littérature de « centons- ». Une dame chrétienne de la plus haute aristocratie, petite-fille, fille et mère de consuls, la poétesse Proba, eut l'idée de raconter par le même procédé les principaux épisodes de l'Ancien Testament, jusqu'au déluge ^ et du Nouveau Testament, jusqu'à l'Ascension *. Elle espérait aider ainsi ses enfants à graver plus aisément l'histoire sainte dans leur mémoire. Entreprise chimérique, s'il en fut, et dont nul artifice ne pouvait surmonter les difficultés. Proba est obligée de substituer

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