‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 268 sur 460 · M., Ep. XXVII, ii · texte numérisé non relu

M., Ep. XXVII, ii

i. Carin. xxi, 867 et s. (Hartel, II, p. 170).

pendant quelques années, à Bordeaux, une vie paisiblement mondaine. Dans une prière en 19 hexamètres qu'il adressait alors au Créateur, il ne formulait d'autres vœux que de bénéficier en pleine sécurité des joies licites de la vie'.

Un événement assez mystérieux, un grave péril auquel il pensa n'avoir pu échapper que grâce à la protection de saint Félix, paraît avoir beaucoup contribué à le détacher de la vie séculière : « Ta bonté, ô mon père et mon gardien — [c'est au saint qu'il s'adresse] — ne s'est jamais démentie. A la suite du meurtre de mon frère, je me trouvais en danger; du procès de mon frère était sortie contre moi une accusation pareille ; déjà l'agent public était venu voir mes biens pour les allotir. C'est toi qui sus soustraire mon cou au glaive, mon patrimoine au fisc, et réserver ainsi au Seigneur Christ mes biens et ma personnel » Sans doute avait-il failli succomber à quelque assassinat juridique combiné par l'usurpateur Maxime à seule fin de confisquer ses richesses. Ce qui est sûr, c'est que, dès Sgo, son désir de « conversion » (on voit dans quel sens il faut entendre ce mot) devint de plus en plus sensible. Il reçut le baptême, jusqu'alors ajourné ; il s'enfonça en Espagne avec Therasia et y resta au moins quatre années. C'est là que, vers SgS/A, les deux époux se décidèrent à pratiquer une vie de continence et de pauvreté.

On peut dire que nul ne fut plus douloureusement étonné que le vieux rhéteur Ausone d'un éclat si choquant. Ausone avait eu Paulin pour élève à

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