‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 269 sur 460 · I. Carm. iv · texte numérisé non relu

I. Carm. iv

j. Carm. xxi, hi!\ et s. (Hartel, II, p. 171).

l'Université de Bordeaux. Il avait mis en lui ses meilleures complaisances, ses meilleurs espoirs, et il était resté lié à lui par un affectueux commerce de lettres, de vers et de présents. Il appréciait fort le talent poétique de Paulin. Un abrégé en vers des trois livres de Suétone sur les Rois, entrepris par Paulin, lavait spécialement ravi '. 11 reconnaissait là l'heureux fruit de la discipline inculquée ; il se mirait dans son disciple. — Et voilà que ce Paulin si cher démissionnait de la vie mondaine, abandonnait l'Aquitaine pour s'ensevelir en Espagne, vendait ses biens... Mais alors ? et l'abrégé de Suétone, et la poésie, et la culture latine, reniait-il aussi tout cela? Ausone ne put supporter une telle perplexité qu'aggTa\ait le longsilence de Paulin. Il lui écrivit successivement quatre lettres en vers pour le supplier de parler, de s'expliquer, de revenir ; et dans ces hexamètres où le sentiment est d'ailleurs si cordial et si sincère, il multipliait les ornements mythologiques, les amples lieux communs, comme pour mieux rappeler à son ancien élève les belles choses qu'il paraissait oublier.

Paulin répondit enfin, et il répondit en vers, lui aussi : une certaine coquetterie littéraire sera toujours l'unique vanité à quoi il ne refusera pas sa complaisance. Tout en prodiguant à son vieux maître les noms les plus affectueux, il lui faisait entendre catégoriquement que les jeux auxquels il l'avait sollicité lui apparaissaient désormais trop frivoles ; et qu'une autre discipline, s'emparant de sa pensée, de son cœur, de son être tout entier, le dégoûtait de celle où il avait usé sa jeunesse ^

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