Ep. Lvm, II, et Lxxxv, I
y prenons moins de plaisir que ces correspondants éminents. Voici pourquoi.
En premier lieu, l'abondance excessive des citations scripturaires a quelque chose d'accablant. « Il multiplie plus qu'aucun autre écrivain catholique du temps, remarque fort bien E.-Gh. Babut\ les réminiscences de l'Ecriture. Ce sont tantôt des phrases, ou, comme nous disons, des versets entiers, plus souvent des bribes de deux ou trois mots ou de simples allusions... Les citations ou quasi citations ne sont que rarement détachées du texte par un mot d'annonce tel que scriptum est ou dicente apostolo. Elles sont d'ordinaire incorporées aux phrases. Paulin enchevêtre les mots de son cru et les mots empruntés. Il exprime sans cesse sa propre pensée par des expressions tirées de l'Écriture, ou plutôt sa pensée semble faite d'un afflux continu de souvenirs bibliques. Il y a là un genre littéraire spécial, destiné à une élite studieuse, et dont la saveur nous échappe... » — Ajoutons que Paulin, sous son cilice en poils de chameau, présent de son ami Sulpice Sévère, est resté un lettré selon le goût de l'époque et de son ancien professeur Ausone. Il s'excuse bien çà et là quand une réminiscence profane lui vient à l'esprit S mais ce sont de fugitifs repentirs. En fait, sa prose se pare de toutes les fleurs de la rhétorique et ne répugne nullement aux larges développements soignés, et même fignolés^ Il oublie seulement qu'il est une mesure, même dans le joli, et que la discrétion est une des vertus de l'écrivain. — Enfin ses lettres en prose se réfèrent toutes à la période oii les formes de sa pensée et de sa vie étaient arrêtées