Ex. : Ep. xxni, 10 et s. (Hartel, I, p
SAINT PAULIN DE NOLE ^Sq
-définitivement. Il ne nous y fait nulle confidence sur les étapes par où il a passé, lui, patricien richissime, pour en arriver à ce point d'humilité et de détachement : de là quelque déception pour notre curiosité. Cette partie de son œuvre offre cependant quelque intérêt. Beaucoup des noms illustres de l'époque y apparaissent. La correspondance avec Sulpice-Sévère est particulièrement attachante. Lié avec Sulpice d'une étroite amitié, Paulin l'avait précédé dans la voie de l'ascétisme, et Sulpice voulait voir en lui son guide spirituel, bien que la modestie de Paulin s'en défendît. Ils avaient été victimes des mêmes dénigrements, des mêmes « aboiements », lors de leur rupture avec le monde. Ils se sentaient si pleinement unis de cœur que Paulin se plaisait à considérer leur affection comme prédestinée ^ C'est surtout dans leurs lettres que se manifeste la qualité du sentiment religieux chez les âmes d'élite de ce temps-là. — La lettre à Jovius^ indique assez bien la position que prenait Paulin dans le débat sans cesse renaissant de l'utilisation de la culture antique. Chrétien lettré, Jovius faisait ses délices de Platon, de Xénophon, de Démosthène, de Caton, de Varron et de Cicéron, et il se laissait pénétrer de certaines idées sur le hasard et la fortune, assez peu compatibles avec le sentiment catholique. Tout en louant abondamment ses qualités d'esprit, sa Jacundia et sa doctrina, Paulin le supplie de ne pas se laisser capter ainsi par la m douceur pernicieuse » de la littérature païenne. Qu'il lui emprunte les qualités qu'elle peut donner, linguae copiam et oris ornalum, mais comme on s'empare d'armes hostiles pour en