I. Ep. i.xxxviri, à propos des Uheralia st'udia
kk INTRODUCTION
dore. J'aborde ici une question dont son ampleur même doit me détourner aussitôt. Il faut pourtant noter quelques traits qui en feront comprendre la portée.
Quand, dans la seconde moitié du IV* siècle, le grand évêque de Milan, saint Ambroise, le conseiller des empereurs Gratien, Valentinien et Théodose, entreprit de fournir, de la morale chrétienne, une synthèse digne d'être opposée aux grandes synthèses païennes, est-ce sur le seul Evangile qu'il essaya de la construire? ]\on pas, mais au De officiis de Cicéron il emprunta le cadre général et le titre même de son traité. Il prit également à la morale stoïcienne, dont Cicéron avait été l'éloquent interprète, une foule de notions, telles que la distinction entre la raison et les passions, la préoccupation du « souverain bien », la classification des vertus (sagesse, justice, courage, tempérance), la division des devoirs en devoirs parfaits et devoirs moyens, la valeur attribuée au jugement de la conscience, etc. Il est vrai qu'il pénètre ces notions d'un esprit assez différent, qu'il les justifie par des raisons auxquelles Cicéron n'avait pu songer, et qu'il leur donne finalement un sens, une portée, une efficacité nouvelles. Mais enfin, chez Ambroise, en même temps que la morale chrétienne affirme son originalité, elle s'assimile résolument tout ce que la morale païenne peut lui offrir d'excellent.
Le processus a été analogue dans tous les domaines : spéculation théologique, exégèse scripturaire, art chrétien, liturgie, genres littéraires, formes du style : partout s'est fait sentir l'influence des idées ou même des usages profanes. Ce phénomène dinfîltration ou de com-