‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 29 sur 460 · LA « PATROLOGIE » DE MIGNE · texte numérisé non relu

LA « PATROLOGIE » DE MIGNE

pénétration est un de ceux sur lesquels, depuis quelques années, s'est exercée de préférence l'ingéniosité de la critique religieuse. Elle a pu s'égarer parfois en des rapprochements douteux. Les faits acquis démontrent que nulle part il n'y a eu hiatus, scission, rupture; mais partout rapport et continuité. En dépit des anathèmes plus d'une fois lancés contre lui, le génie de l'ancienne civilisation a survécu dans la civilisation née de l'idée chrétienne, et il a largement contribué à la former. Ainsi se sont unies, par la force des choses, les deux grandes puissances spirituelles qui se croyaient irréductibles l'une à l'autre. Le christianisme avait assez de vitalité pour ne subir, du fait de cet apport, aucune déformation essentielle. Et c'est grâce à cette fusion que même des hommes qui sont étrangers à la foi chrétienne veulent pourtant accepter les données fondamentales de la morale qu'elle propose, puisque aussi bien le legs du passé y est inclus. (( Si nous sommes chrétiens, déclarait un jour M. Camille JuUian, s'il faut tenir à ce nom comme à une formule de salut, c'est qu'il représente, avec tout ce que les rêves galiléens ont mis dans la conscience humaine, toutes les leçons que les philosophes antiques y ont laissées ; c'est que, loin de s'opposer au passé, le christianisme l'a complété et couronné '. »

Les textes qui seront l'objet de notre étude se trou-

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