‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 284 sur 460 · Ep. III, 5; Comm. in Gai, Préface du I. II · texte numérisé non relu

Ep. III, 5; Comm. in Gai, Préface du I. II

Jérusalem. Mais il vit ses compagnons s'égrener sur la route : Innocent et l'esclave Hylas moururent, le sous-diacre Niceas revint dans sa patrie. Jérôme luimême tomba malade à Antioche. Rétabli, il s'attarda quelque temps dans cette ville pour y suivre les leçons d'Apollinaire de Laodicée. Sa vocation de grand intellectuel se dessinait déjà. Il n'avait pas voulu se séparer des livres achetés naguère à Rome, et qu'il emportera bientôt jusque dans la solitude. Il venait aussi de se mettre à la langue grecque, instrument indispensable de ses tâches à venir.

Cependant il sentait fléchir ses velléités de vie monastique. La nouvelle que ses amis Bonosus et Rufin avaient déjà consommé leur sacrifice, et s'étaient établis, l'un sur la côte dalmate, l'autre en Nitrie, le fit rougir de telles vacillations. 11 s'enfonça dans le désert de Chalcis, sur la frontière de la Syrie, à une cinquantaine de milles d'Antioche. Il y devait rester trois ans, de S']b à 378.

Il accepta courageusement la dure vie coutumière parmi les moines du désert. Il se dépeint lui-même, les membres couverts d'un sac hideux, tout noir de sueur et de poussière, dans ces vastes solitudes brûlées de soleil, couchant sur la dure, buvant de l'eau et se nourrissant de crudités. Cette misère physique ne le garantissait pas des pires tentations :

« Moi, ovii, moi, qui par crainte de la géhenne, m'étais condamné à une telle prison, habitée seulement par les scorpions et bêtes sauvages, souvent je me croyais transporté au milieu de danses virginales. J'étais pâle déjeunes, et mon imagination bouillonnait de désirs dans un corps glacé, où faisait rage l'incendie des passions *. »

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