‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 286 sur 460 · Voy. l'Ep. V · texte numérisé non relu

Voy. l'Ep. V

de son ami Evagre '. Un essai de commentaire (perdu) sur le prophète Obadja remonte à cette époque ; de même la Vie de Paul de Thèbes, dont je parlerai plus loin.

Le désert aurait eu pour lui des séductions réelles, s'il lui avait été permis d'y vivre en paix. Mais les intérêts et les soucis que Jérôme avait cru fuir l'y vinrent relancer bientôt. Antioche, métropole de la Syrie, était en proie depuis de longues années déjà à des luttes dogmatiques qui allaient s'exaspérant. et dont les échos arrivaient jusqu'au désert de Chalcis. Trois partis, celui de Mélèce, celui de Paulin et celui de Yitalis, affirmaient avec une égale âpreté leur orthodoxie trinitaire ; tous trois se prévalaient de sympathies dignes de respect et se prétendaient en plein accord avec la cathedra Pétri ^. Les formules sur lesquelles on se disputait n'étaient point très familières à l'intelligence occidentale de Jérôme, qui y redoutait quelque piège K Presque chaque jour, pourtant, les fanatiques des divers clans venaient lui extorquer sa profession de foi, et le traitaient d'hérétique quand elle ne cadrait pas avec la leur*. Dans son incertitude, Jérôme songea à solliciter les conseils du pape Damase. Il écrivit à Damase une première lettre oii il célébrait le prestige unique du Siège de Rome et se déclarait prêt à se ranger à l'avis de Damase, quel qu'il fût'. Cette lettre ne reçut pas de réponse. Il en écrivit une seconde ^ à laquelle Damase ne paraît pas

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