‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 287 sur 460 · Ep. XVI · texte numérisé non relu

Ep. XVI

non plus avoir répondu. Jérôme se sentait las des continuelles sommations dont il était l'objet de la part des moines, ses frères du désert'. Leur prétention à régenter les consciences lui devenait insupportable. (( J'ai honte de le dire, écrivait-il : du fond de nos cellules nous condamnons l'univers ; pelotonnés sous le sac et la cendre, nous prononçons sur les évêques: Que vient faire sous l'habit de pénitent cet orgueil royal? Les chaînes, la crasse, les cheveux longs, ce sont là les signes d'un remords qui gémit, et non des emblèmes de domination ^ I » Beaucoup de solitaires, excédés de ces indiscrétions, abandonnaient le désert, ou s'y enfonçaient plus avant, « aimant mieux, disaient-ils, vivre au milieu des bêtes féroces qu'avec des chrétiens comme ceux-là^ ». Dès que la saison le permit, Jérôme se dirigea sur Antioche.

Rome venait de reconnaître Paulin comme évêque orthodoxe *. Celui-ci conféra, ou, pour mieux dire, imposa la prêtrise à Jérôme ^ Il était entendu que Jérôme demeurerait afïranchi de toute obligation pastorale ou liturgique. En dépit des fâcheuses expériences du désert de Chalcis, il demeurait profondément attaché à son idéal monastique, et à ce double vœu de science et d'ascèse sur lequel il avait déjà commencé de régler sa vie.

A Constantinople, où il passa bientôt, il connut Grégoire de Nazianze et sut profiter de ses leçons exégétiques % en même temps qu'il puisait dans ses

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