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LA CHRONIQUE

phe, Clément d'Alexandrie), des Egyptiens (d'après Diodore, Manethon et Porphyre), des Grecs (d'après Castor, Porphyre, Diodore), et xlcs Romains (d'après Denys d'IIalicarnasse, Diodore et Castor). La seconde partie, de beaucoup la plus importante, était constituée par une série de tableaux synchroniques (xpovixoi xavôvec;), où figuraient, avec références à divers computs (années d'Abraham, olympiades, années de Rome, dates des dynasties), les principaux faits de l'histoire universelle, spécialement de l'histoire sainte. L'objet que se proposait Eusèbe était de démontrer la haute antiquité de Moïse ' ; en outre, il voulait, pour les temps postérieurs à la venue du Christ, constituer l'armature chronologique de VHistoire ecclésiastique qu'il méditait d'écrire. Il prenait pour point de départ l'année de la naissance d'Abraham (2016/6 avant J.-C.) et déterminait cinq sections : a) d'Abraham à la prise de Troie ; 6) de la prise de Troie à la première Olympiade ; c) de la première Olympiade à la deuxième année du règne de Darius ; d) de la deuxième année du règne de Darius à la mort du Christ ; e) de la mort du Christ à la vingtième année du règne de Constantin.

Telle est l'œuvre que Jérôme entreprit de faire connaître à l'Occident par une traduction latine. Il se contenta de traduire purement et simplement la première section. Dans les sections suivantes, il crut devoir, puisque son travail était destiné à l'Occident, insérer un grand nombre de faits intéressant l'histoire générale, et spécialement l'histoire ou même la littérature romaines. Enfin il continua, sans guide

I. ScHOENE, n, p. 5 (cf. Helm, p. 9, 1. f) ot S.) : « Nam Moyses... omnibus... quos Graeci antiquissimos putant senior deprehenditur, llomero scilicet et Hesiodo troianoque bello », etc..

cette fois, la Chronique d'Eusèbe, depuis la vingtième année de Constantin jusqu'à 878, date de la mort de Valens.

Une traduction, un remaniement, une œuvre originale, voilà donc le triple aspect sous lequel s'oiïre cet opus tamultuariam, comme l'appelle Jérôme luimême, qui avoue l'avoir dicté uelocissime *. Il en avait pourtant senti les difficultés techniques : il les indique dans sa préface ^ en s'excusant d'avance des négligences des scribes K II s'y était préparé avec conscience. On a repéré ses sources personnelles * : elles sont abondantes : Eutrope, Suétone, Rufîus Festus, Ammien-Marcellin, Aurelius Victor, etc. Mais on peut soupçonner que le isediiim operis l'a engourdi en plus d'un endroit. II y a des erreurs de traduction, un choix souvent arbitraire et bizarre pour les événements qu'il inscrit comme mémorables. Ainsi, en 356 p. C, le meurtre d'un moine par les Sarrasins ; à l'année 874 figure le mémento que voici : « Aqailelenses clerici quasi chorus beatorum haheniur » : il ne peut faire abstraction de lui-même, ni d'un souvenir qui lui est cher. Non plus que de ses inimitiés, ou de celles de ses amis : il avait noté, à cette même année, le départ de Mélanie l'ancienne pour Jérusalem, et rappelait à ce propos qu'elle y avait mérité par ses vertus, spécialement par son humilité, le nom de Thecla*; il biffa cette mention flatteuse, quand il se fut brouillé avec elle, à propos de l'origénisme ^

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