‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 302 sur 460 · Ep. Lxixiv, 3 (HiLBERG, daus G.V,, LV, p. laS · texte numérisé non relu

Ep. Lxixiv, 3 (HiLBERG, daus G.V,, LV, p. laS

LA SECONDE RÉVISION DES LIVRES SAINTS k']^

sètrc soucié de l'apprendre* ». Les Septante avaient suffi à établir l'autorité de l'Ancien Testament dans un monde où prédominait la langue grecque. Mais Jérôme disposait d'une formation critique qui le poussait à remonter jusqu'aux sources ; car il savait combien de déformations subit inévitablement un texte, quand il est transposé en un autre idiome.

Les Hexaples d'Origène, qu'il compulsa à la bibliothèque de Gésarée -, fortifièrent en lui cette conviction. L'objet d'Origène, dans ce vaste ouvrage, avait été, non pas tant de donner une édition correcte de la Bible grecque, que d'établir, pour dirimer tant de querelles entre Juifs et chrétiens qui se traitaient réciproquement de faussaires, l'état respectif de la Bible juive et de la Bible chrétienne. Disposés sur six colonnes, les Hexaples (dont le manuscrit original comprenait 5o grands rouleaux) présentaient synoptiquement le texte hébreu de l'Ancien Testament en caractères hébraïques, le texte hébreu en caractères grecs, la traduction grecque du juif Aquila, contemporain d'Hadrien, la traduction grecque du juif Symmaque, contemporain de Septime-Sévcrc, la traduction grecque des Septante, celle enfin du juif Théodotion (vers i8o p. G.). Pour certains livres, il y avait même encore trois colonnes supplémentaires on étaient insérées des versions grecques anonymes'. En outre, le texte des Septante était affecté de certains sigles (traditionnels depuis la critique alexandrine) * destinés à

1. Journal des Savants, i883, p. 887. Cf. l'article Hebrew learning among the Fathers, du Rev. C.-J. Elliot, dans D.C.B., II, 831-873.

2. '< 'E^aTiXoèç Origenis in Gaesariensi bibliotlieca relegens semel tantum scriptum repperi. » (CominenUirioli in Ps., éd. Morin, p. 5.)

3. Description des Hexaples par Jérôme dans le Comm. in Titum, m, 9 (P.L., XXVI, 595).

h. L'origine en remonte à Aristophane de Byzance (environ 267-180 avant

/iyô SAINT JÉRÔME

marquer le rapport de ce texte au texte hébreu. L'obèle • signalait les mots ou les passages ajoutés dans le grec ; l'astérisque décelait les lacunes constatées dans le grec ; la fin des additions et des omissions était indiquée par deux points.

Cette disposition si méthodique décida Jérôme dès l'automne de 386 à quelques nouvelles entreprises. Il revisa une seconde fois le Psaulier, d'après les Hexaples, en utilisant les signes critiques employés par Origène - : c'est de ce remaniement que sortit le Psalterium qu'on appelle Galllcanum, parce qu'il trouva en Gaule sa première difi'usion. Il traduisit également sur le grec des Hexaples, et avec le même apparat critique, le livre de Job \ et aussi les Proverbes \ VEcclésiaste% le Cantique des Cantiques^, les Paralipomènes ~ . Il se peut qu'il ait poussé un peu plus avant ce travail, dont au surplus un vol le frustra presque complètement ^ Nous n'en avons plus en entier que le Psautier et le livre de Job \

J.-C.) ou même à Zénodote (m' s.). Voir J.-E. Sandts, A Ilistory of classical Scholarship, V, Cambridge, 1906, p. 127.

1. Du grec ô(3eXô<;, broche. La forme était celle-ci -r- ou — Sur ces signes critiques, cf. saint Epiphane, de Mens, et Fonder., viii et xvii (P. G., XLIll, 2Û3-24i et 2fi5); Isidore de Séville, Orig., I, xx. Serruts a montré qu'Anastase le Sinaïte en a donné une interprétation plus claire et plus satisfaisante que celle d'Epiphane, qui en dérive, mais avec des méprises (Mél. de l'Ecole de Rome, XXII [1902], p. 189 et s.).

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