‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 303 sur 460 · Ep. cxxxiv, 2(P.L., XXII · texte numérisé non relu

Ep. cxxxiv, 2(P.L., XXII

9. 11 y faut joindre des extraits des trois livres de Salomon dans le manuscrit Il de Saint-Gall (cf. C.-P. Caspari, das Biich Job, 1898, p. 0-7; S. Berger, Quelques textes latins inédits de l'Ancien Testament \Nolices et exlr. des mss., t. XXXIV, 2] ; des citations des Proverbes dans un écrit pélagien de ^3o et dans Cassien (cf. P. Vaccari, Un tesio dommatico e una versione hiblica, dans Civilla Catlolica, t. IV [1913], p. 196). Dom de Brutne a

L'HEBRAICA VERITAS [{']']

Mais de plus en plus une évidence s'imposait à son esprit. Toute recherche critique relative à l'Ancien Testament ne devait reposer ni sur les textes latins, souvent fautifs, ni sur le grec des Septante, trop infidèle, mais sur le texte primitif où Dieu même avait parlé, sur Vhebraica uerltas. L'unique solution rationnelle, c'était donc de négliger les intermédiaires, et de traduire directement d'après l'hébreu. Tâche considérable devant laquelle, une fois décidée sa conscience de savant, saint Jérôme ne recula pas, soutenu qu'il était par la pensée qu'il allait enfin déposséder les Juifs du privilège dont ils se targuaient de lire seuls la parole divine en sa teneur authentique. C'est entre 390 et /to4 qu'il la mena à bonne fin. A mesure qu'il terminait un livre ou un groupe de livres, il l'adressait à quelqu'un ou quelqu'une de ses disciples, avec un avant-propos qui nous fournit plus d'un renseignement utile. Il ne laissa de côté que les livres qu'il considérait comme non canoniques ou douteux, la Sagesse, VEcctésiastique, Baruch avec la Lettre de Jérémie, le premier et le second livre des Macchabées, le troisième et le quatrième livre iVEsdras, les additions au livre à'Esther. Des considérations étrangères à la canonicité proprement dite le décidèrent à traduire aussi les additions au livre de Daniel (mais en les

signalé dans R.Bén., juillet 191/1, p. aag-aSG, un débris de préface au livre d'Esther, qu'il veut, contrairement à l'opinion de Martianay, rattacher à la version hexaplaire de saint Jérôme. 11 en résulterait donc que Jérôme aurait revisé aussi le livre d'Esther.

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marquant de l'obèle), les livres de Tobie et de Judith. Pour les parties écrites en clialdaïque, il s'aidait, au moins au début, d'un juif interprète qui lui traduisait de vive voix le clialdaïque en hébreu, et Jérôme transposait à mesure en latin '.

Cette entreprise, si honorable pour la science catholique, comment fut-elle accueillie par les contemporains de saint Jérôme ? En dehors du groupe de ses fidèles amis, avec beaucoup de méfiance ou même d'hostilité. Elle n'allait à rien de moins quà reléguer au second plan la traduction des Septante. C'était là le point délicat : « Qu'on songe à l'attachement des pi-emiers chrétiens pour la lettre des Écritures, à l'autorité des Septante, universellement commentés par tous les Pères, reçus et lus dans les Églises, et tenus pour inspirés par l'opinion unanime des docteurs. Il ne s'agissait plus de les compléter par l'hébreu, mais d'une refonte totale. Des milliers de phrases allaient disparaître, d'autres allaient être ajoutées, la disposition de plusieurs livres devait être changée, on se heurterait à chaque pas à des sens différents. 11 s'agissait de réduire au silence des prophéties messianiques, d'abandonner le texte dont les Apôtres s'étaient servis, qu'ils avaient par conséquent consacré de leur autorité infaillible : en d'autres termes, disaient les conservateurs, Jérôme entendait ' abaisser l'Église catholique devant la prétendue science des Juifs K » Ce fut un déchaînement contre ce fais arias et sacrilegus ^ qui osait porter la main sur le texte vénérable

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