‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 304 sur 460 · Prol. in Tob. (P.L., XXIX, a3 et s · texte numérisé non relu

Prol. in Tob. (P.L., XXIX, a3 et s

a. Lagrawge, dans B.L.E., 1899, p. 4i.

3. Prol. in Euang., P.L., XXIX, 558; Apol. II, xxiv (P.L., XXIII, i68) ; in Ezech. (P.L., XXV, 837). Et encore P.L., XXVIIl, 179, 5o5, 1187, "i'» i3o8, etc..

l'HEBRAICA VERITAS 4 79

des Septante, authentiqué par toute une tradition. En dépit de sa modération naturelle, saint Augustin luimême s'émut. Il avait approuvé pleinement la première revision opérée par Jérôme d'après le grec. Mais l'idée dune traduction nouvelle sur l'hébreu lui répugnait invinciblement. Il ne put s'empêcher de le laisser entendre à Jérôme. Et d'abord, lui demandaitil, pouvez-vous espérer sérieusement faire mieux que nont fait les précédents traducteurs du texte hébra'ique '?

« C'est pour moi une stupeur qu'il y ait encore dans l'iiébreu quelque chose qui ait échappé à tant d'interprètes consommés dans la connaissance de cette langue. Je ne pai-le pas ici des Septante: je neveux formuler aucune opinion précise sur leur conformité de dessein ou d'inspiration, plus sensible chez eux que s'ils n'avaient été qu'un seul et même auteur, — encore qu'un tel pr.ivilège doive, à mon avis, leur valoir sans conteste une autorité prééminente. Mais ce qui me frappe surtout, c'est que ceux qui ont travaillé après eux à traduire l'Écriture et qui passent pour s'être attachés à rendre au plus juste le génie des expressions et des tours hébraïques, non seulement ne soient point d'accord entre eux, mais encore aient négligé tant de difficultés cju'il faut maintenant exhumer et mettre en leur jour. Car enfin, ces passages-là sont ou clairs ou obscurs. S'ils sont obscurs, il est à croire que vous avez pu vous y tromper aussi bien qu'eux. S'ils sont clairs, le moyen de supposer qu'ils s'y soient trompés?' »

La riposte de Jérôme à ce dilemme est un argument ad hominem et trahit un peu d'énervement :

« Je vous emprunte, écrivait-il à Augustin, votre propre raisonnement. Ce que les anciens écrivains qui nous ont précédés dans le Seigneur ont expliqué dans leurs commentaires sur l'Écriture sainte est ou obscur ou clair. Si cela est obscur, comment avezvous osé discuter après eux sur des matières qu'ils n'ont pas su élucider? Et si cela est clair, c'était une entreprise bien vainc que de chercher des explications qui n'avaient pu leur échapper-. »

1. Ep. Lvi, 2, ap. saint Jérôme (Hilberg, C.V., LIV, p. Ag;, 1. i).

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