‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 306 sur 460 · LA '« VULGATE · texte numérisé non relu

LA '« VULGATE

partout répandus et dont les Apôtres eux-mêmes s'étaient servis'.

On devine combien Jérôme souffrit de voir ainsi méconnaître le bienfait de son initiative. « Si mon travail déplaît, observait-il mélancoliquement, personne n'est forcé de le lire. Je laisse les gens se délecter à boire le vin vieux et mépriser mon vin nouveau ^ » Aux raisons de l'ordre pratique, il opposait les raisons de l'ordre scientifique : le prix d'une traduction faite sur l'original, ut scirent noslri quid Hebraea uevilas contineret ^ ; son propre souci d'exactitude, en dépit d'anecdoctes comme celle de l'évêque d'Œa, dont il conteste formellement le bien-fondé* ; l'illusion de croire que la Bible grecque offrît aucune unité ou n'eût subi aucune altération'*; l'indépendance occasionnelle du Christ et des Apôtres à l'égard des Septante, dans leurs citations de l'Ancien Testament «.

Il se sentait soutenu par sa conviction profonde que l'avenir trancherait en sa faveur le débat. Eh cela il ne se trompait pas. La version hiéronymienne s'introduisit peu à peu dans l'usage pratique des Eglises. Saint Augustin lui-même y eut recours en certains cas'. Nous n'avons pas à décrire ici l'histoire de la (( Vulgate )) au moyen-âge^ ni les péripéties qui ont abouti à la déclaration du Concile de Trente ordonnant (( ut hacc ipsa uelus et uulgata edltio, quae longo

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