Cf. de Doct. christ., IV, vu
8. Voir l'ouvrage fondamental de Samuel Berger, Hist. de la Vulgate pendant les premiers siècles du moyen-âge. — On notera que saint Jérôme employait le mot uulgata pour désigner la traduction des Septante {In Is.^
tôt saecalorum usa in ipsa ecclesia probata est... pro authentica habeatur ^ ».*
Saint Jérôme ne s'est pas contenté de traduire l'Écriture sainte ; il s'est efforcé aussi d'en faciliter l'intelligence dans une suite de commentaires. C'est à Bethléem que ces travaux exégé tiques furent parachevés. J'ai dit avec quelle ardeur les femmes admirables qui vivaient auprès de lui réclamaient sans cesse de nouveaux éclaircissements.
Là comme ailleurs, la méthode de travail de Jérôme n'était pas irréprochable. Son impulsivité naturelle lui rendait pénible la lenteur minutieuse du travail critique : il cédait à une précipitation qu'il confesse avec humilité pour qu'on l'en excuse, mais sans toujours réussir à se la faire pardonner. Le Commentaire sur Abdias fut dicté en deux nuits, le Commentaire sur saint Matthieu en deux semaines; il déblaya VÉpître de saint Paul aux Ephésiens à raison de mille ligne»
Lxv, ao; in Osiiam, vir, i3) : c'est la traduction du grec xoivt\. Au moyenâge, la dénomination aalgata editio était encore quelquefois employée pour désigner les Septante. Ce n'est guère qu'à partir du Concile de Trente qu'elle a été très ordinairement appliquée à la traduction de saint Jérôme. — Dans son état actuel, la Vulgate comprend i° l'ancienne traduction latine, non revue par Jérôme (pour certains livres non canoniques de l'A. T.) ; 2° l'ancienne traduction latine revue sur le grec (pour les Évangiles; peut-être pour le reste du N.T.; et pour le Psautier [gallican]) ; 3° la traduction laite par Jérôme d'après l'iiébreu (pour l'Ancien Testament, certains apocryphes exceptés). — Sur les projets actuels de revision de la Vulgate, cf. Jacquier, Le A. T. dans l'Église chrétienne, Paris 1913, II, 195 ; J. Denk, der neue Sabatier, L. 191/1.
I. Denzinger-Bannvstart, Enchir. Symbol, et Definitionum^" , 1908, n" 786» — La principale édition moderne de la Vulgate est celle de J. WordswoRTH et WuiTE, Oxford, 1889 et s.
LES COMMENTAIRES SUR LA BIBLE /j83
par jour'. De là une prolixité qui confine au bavardage : de là aussi une tendance lâcheuse à accumuler les opinions antérieuremeiit émises sur telle difficulté scripturaire. au lieu de faire et de proposer son choix personnel. — Ses travaux lexicographiques et topographiques sur la Bible procèdent surtout d'Origène et de Philon (par lintermédiaired'Origène), mais Jérôme y a consigné aussi le résultat de recherches originales. Richard Simon déclarait irrévérencieusement à propos du Liber de nominibiis hebraicis que « si quelqu'un s'avisoit aujourd'hui de donner au public un semblable ouvrage, il se feroit siffler de tout le monde^ ». Infiniment mieux outillés, les modernes ont vite fait de juger de haut le labeur des premiers défrichements. Reconnaissons au moins le grand mérite de saint Jérôme, sa préoccupation vraiment scientifique de faire comprendre les textes qu'il prétendait expliquer, en les entourant de tous les renseignements positifs susceptibles de les élucider. Ce n'était point, sauf de rares exceptions, ce genre d'exégèse qui était en faveur de son temps. On préférait bien davantage l'exégèse allégorique, laquelle, partant de ce principe que le texte sacré recèle un sens mystérieux que la lettre voile bien plus qu'elle ne l'exprime, s'appliquait à l'en dégager, fût-ce au prix des interprétations les plus fantaisistes. La mode était si forte que Jérôme luimême ne put s'y soustraire. Son idéal eût même été, à ce qu'il semble, de mêler les deux genres d'interprétation, l'historique et l'allégorique^ ou encore de les superposer *. En tous cas, il s'est efforcé d'associor à