‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 314 sur 460 · I. £/). xLvi, 10 et s · texte numérisé non relu

I. £/). xLvi, 10 et s

LES PÈLERINAGES EN TERRE SAINTE 5oi

les chœurs des moines, les essaims des vierges répandront partout celte nouvelle ;... le jour où il nous sera donné d'entrer avec vous dans la grotte du Sauveur, de pleurer au sépulcre du Christ avec sa sœur, d'y pleurer avec sa mère, de baiser le bois de la Croix, et de monter d'esprit et d'âme avec le Seigneur au mont des Oliviers; de voir ressusciter Lazare tout embarrassé de bandelettes, et de contempler les eaux du Jourdain purifiées par le baptême de Jésus... Nous irons à Nazareth, et nous y verrons la « fleur » de la GaUlée, car Nazareth veut dire fleur. Non loin de là, nous verrons Cana, où l'eau fut changée en vin. Nous monterons à Itabyrium, etc.. »

Un des faits notables du IV* siècle, ce fut justement l'ardeur de piété qui, dès cette époque, porta tant de chrétiens et de chrétiennes en Terre-Sainte d pour y adorer, comme dit saint Jérôme {Ep. xlvii, 2), les vestiges des pas du Sauveur et pour y voir dans toute leur fraîcheur les traces de la Nativité, de la Croix et de la Passion ».

L'afflux des pèlerins à Jérusalem n'allait pourtant pas sans dommage. Moins optimiste, à de certains jours, que les mystiques patriciennes, saint Jérôme n'hésitait pas à déconseiller à Paulin de Noie d'y venir* :

« Ne vous imaginez pas que quelque chose manquera à votre foi, parce que vous n'aurez pas vu Jérusalem, et n'allez pas nous croire meilleurs, parce que nous pouvons y demeurer... Si les lieux qui ont vu s'accomplir le mystère de la Croix et de la Résurrection n'étaient pas dans une ville surpeuplée, où l'on trouve une curie, une garnison, des prostituées, des mimes, des bouffons, tout comme dans les autres villes; s'ils n'étaient fréquentés que par des solitaires, tous les solitaires, assurément, devraient souhaiter d'y fixer leur habitacle. Mais quelle folie de renoncer au siècle, de quitter son pays, d'abandonner les villes, de faire profession de moine, pour vivre, loin de chez soi, au milieu d'une population beaucovip plus dense que dans sa propre

I. Ep. Lviii, /i et s. (C.V., LIV, oSa). Comp. saint Grégoire de Nysse, Ep. II.

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