Chron., II, xxvii, 3 (Halm, p
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teur • qu'il se servirait des historlcis mundialibus ^ Pour quelques épisodes où il était particulièrement renseigné, son exposé prend plus d'ampleur, par exemple pour l'affaire du priscillianisme, à la fin du second livre. M. Babut a cru démêler certaines affinités de Sulpice avec la secte. Assurément Sulpice éprouvait une vive animosité contre quelques-uns de ceux qui avaient le plus ardemment combattu la doctrine de l'hérésiarque ; il ne pardonnait pas aux partisans d'Itacius les accusations qu'ils avaient osé formuler contre saint Martin lui-même ; et l'indignation qu'il en avait ressentie avait pu par contre-coup affaiblir son aversion personnelle à l'égard des théories de Priscillien. Mais que l'on pèse chacune des expressions qui lui servent dans la Chronique à qualifier le priscillianisme, et l'on verra si c'est par la douceur qu'elles se caractérisent'. Ce petit ouvrage est écrit dans un style rapide et nerveux qui atteste une forte culture. Sulpice s'était engagé vis-à-vis de lui-même, lors de sa conversion, à ne plus lire les auteurs profanes * ; mais il continuait de bénéficier de la formation solide qu'il leur devait. Assez peu lue au moyenâge — nous n'en avons qu'un seul manuscrit, un Palatinas, aujourd'hui Vaticanus 824, du XP s., — la Chronique reconquit grande faveur depuis la Renaissance auprès des lettrés.
Son immense popularité littéraire, c'est à ses opuscules sur saint Martin que Sulpice-Sévère la dut : la Vie, rédigée dans les derniers mois de 896, et qui
a. Bernats (Ueber die Chronik des S. S., dans Ges. AbhandL, II, 167 et s.) remarque qu'il a compulsé pour l'histoire des Diadoques des historiens grecs inconnus de nous.
3. II, xLvi, I ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; xlvii, 3, 4 ; XLvm, 3, 3 ; xlix, 9 ; li, 5.
tt. Cf. Paulin do Noie, Ep. xxii, 3 ; cf. v, 6 et xxx, i.
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parut en 897, après la mort de Martin ; les trois lettres complémentaires qui racontent ses derniers moments ; enfin les deux Dialogues * publiés seulement vers ko?)/ k, et qui, dans une conversation de deux journées entre Sulpice-Sévère, Gallus, ancien moine de Marmoutier et élève de saint Martin, et un certain Postumianus, lequel revient d'Orient, confrontent quelques-unes des merveilles réalisées par saint Martin avec celles des ascètes chrétiens orientaux.
S'il est un saint dont les historiens les plus « indépendants » aient parlé avec sympathie, ou même avec une sorte de piété, c'est assurément saint Martin. Gaston Boissier saluait en lui « l'idéal d'un saint français "' ». « Le Christ mis à part, écrit Camille JuUian^ aucun personnage du christianisme n'a exercé, vivant et surtout mort, une si tenace influence... C'est dans toute l'histoire du christianisme le phénomène le plus semblable au phénomène initial, le nom, la vie et le souvenir du Christ. » E.-Ch. Bahut* a reproché à ces érudits de continuer sans s'en apercevoir une tradition hagiographique dont les titres seraient plus que suspects. Il s'est attaché à diminuer l'autorité du témoignage de Sulpice-Sévère sur saint Martin. Babut constate que pour composer le portrait de son héros, Sulpice-Sévère a emprunté plus d'un trait à la Vie d'Antoine de saint Athanase, à saint Jérôme, à saint Hilaire ; il a utilisé quantité de souvenirs livresques qu'il a audacieusement incorporés à sa biographicen les donnant comme authentiquement martiniens. « La
I. Les éditions antérieures à celles (Î'Halm en donnent trois; mais les meilleurs manuscrits n'indiquent aucune coupure vers le milieu du premier dialogue (cf. Halm, p. vu).
a. Fin du Pagan., Il, 69.