‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 324 sur 460 · I. Expression de Cam. Jollian dans R.E.A., 191 1, p. 3a · texte numérisé non relu

I. Expression de Cam. Jollian dans R.E.A., 191 1, p. 3a

SULPICE-SÉVÈRE ET SAINT MARTIN 5l5

que n'occupait point dans les préoccupations de son époque la place que lui assigne Sulpice, et que les effets de l'apothéose aménagée par Sulpice ne se sont fait sentir que lorsque eut disparu la génération qui avait connu le véritable Martin. — Ces déductions sont assez hasardées. Il y a dans l'histoire littéraire des premiers siècles chrétiens beaucoup de ces silences déconcertants. Croirait on que TertuUien ne cite nulle part Hippolyte de Rome ni Clément d'Alexandrie, pas plus qu'Hippolyte ou Clément d'Alexandrie ne citent TertuUien ? Ni saint Ambroise ne parle de saint Jérôme, ni saint Athanase ne nomme saint Hilaire. On trouverait d'autres exemples de telles bizarreries. Pour pouvoir les imputer à la malveillance ou à une indifférence voulue, il faudrait posséder en son intégralité la littérature de l'époque. Et encore le simple hasard a-t-il parfois des jeux singuliers.

Tel qu'il est, le portrait de saint Martin, plus hiératique dans la Vie, plus familier dans les Dialogues, fut un ravissement pour les premiers lecteurs qui le connurent. A Rome, on s'en disputait les exemplaires *. Il devint le modèle des hagiographes. Paulin de Noie, Hilaire d'Arles, dans sa Vie de saint Honorât ^ Uranius dans sa Mort de Paulin de Nole\ Possidius dans sa Vie d'Augustin, Paulin de Petricordia (= Périgueux) dans les six livres de sa Vila Martini*,

1. Voir surtout Dial., 1, xxiii (Halm, p. 176) : « Deinde cum tota certatim urbe raperelur, exultantes librarios uidi, quod nihil ab his quaesluosius haberetur, siquidem nihil illo promptius, nihil carius uenderetur. »

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