CHAPITRE I Saint Augustin et l' Augustinianisme
BIBLIOGRAPHIE
L'édition bénédictine de saint Augustin a toute une histoire (Cf. Kukula, dans S.B.W., 1890, 1893, 1898; et Ingold. Hist. de l'(d. bénéd. de S. Augustin, Paris 1903). Commencée, sur la suggestion du grand Arnauld, par les soins de dom Delfau et de dom Robert Guérard, elle parut compromise une première fois €1 1670, ces deux religieux ayant été relégués dans une abbaye éoignée, peut-être à cause de certaines appréciations hardies sir les abus de la conimende. Dom Blampin se substitua à eux et poursuivit leur tâche avec zèle. L'impression fut mise en train It 5 octobre 1677, et au début de 1680 paraissait le tome premier. Ine équipe de diligents travailleurs, parmi lesquels dom Pierre Constant, dom Claude Guénié, dom Nicolas Goyzot, dom Martène, loussait le travail de son mieux. — Quelques menues escarnouches avaient déjà révélé que des yeux sans bienveillance surveillaient de loin l'entreprise. La guerre véritable s'ouvrit en 1678 par un pamphlet anonyme qui se donnait comme écrit par « un des plus considérables abbés de l'Allemagne » et où la Congrégation de Saint-Maur était accusée de favoriser les erreurs de Jansénius. Ce fut naturellement sur les jésuites que les soupçons tombèrent, et il semble en effet que la lettre avait été rédigée par l'un d'eux, le P. Langlois.
Certains membres de l'épiscopat se laissaient déjà émouvoir. Mais Bossuet prit énergiquement devant le roi la défense des Bénédictins. D'autres libelles anonymes étaient lancés dans le public. Les Bénédictins avaient décidé d'abord de ne rien répondre. Ils durent bientôt renoncer à cette tactique, qui aurait
pu tourner à leur préjudice. Il y eut foison de répliques et de contre-répliques. Le plaidoyer le plus habile en faveur de la Congrégation de Sainl-Maur fut celui de Bernard de Montfaucon (il signait D.-B. de Rivière). Cette lutte, dont il est impossible de raconter ici les multiples épisodes, prit fin le 7 juin 1700 par la victoire complète des Bénédictins : un décret du Saint-Office condamna trois des pamphlets dirigés contre eux, en particulier la fameuse lettre de l'abbé « allemand », qui avait allumé l'incendie. Quelques semaines plus tard, le général de la Congrégation présentait au roi le dernier volume de « cette édition de saint Augustin qui leur avait donné tant de soucis ». A diverses reprises, en 1707, en 1712, en 1730, leurs adversaires essayèrent de ranimer la querelle, niais sans succès.
Pour les diverses éditions voir le Tableau n° VIII,
Il manque encore une bonne biographie française de saint Augustin. Très attachant par le charme du style, le Saint Augustin (Paris, s. d.), de Louis Bertrand, complété par Les phis belles pages de saint Augustin, P. 1912, est loin de reproduire la complexité du modèle.
La bibliographie d'Augustin est indiquée dans le Dictionnai-& de Théol. CathoL, t. I (1909), 2284-2286, 2457, art. Augustin, pir E. Portcllié. La récente étude de P. Batiffol, Le Catholicisme le saint Augustin, P. 1920, est capitale pour l'intelligence de a pensée d'Augustin. Beaucoup de vues intéressantes dans P. Alfiric, L'Évolution intellectuelle de saint Augustin, P. 1918.
Les études de détail seront mentionnées dans les notes.
SOMMAIRE
L La prise de Rome par Alaric. — II. L'âme d'Augustin. — TII. Sa vie. Les étapes de la conversion. — IV. Augustin après /sa conversion. — V. Les polémiques. Manichéens ; Donatistes ; Pélagiens; Ariens. Les traités exégé tiques. — VI. La Cité de Diea. — VIL Le de Catechizandis rudibas. — VIII. Le de Doctrina Christiana. — IX. La Correspondance. — X. Les Sermons. XI. Conclusion sur saint Augustin. — XII. Les luttes pour et