LA PRISE DE ROME PAR ALARIC
contre l'Augustinianisme. Cassien. Saint Vincent de Lérins. Faustus de Riez. Arnobe le Jeune. Marins Mercator. Saint Prosper d'Aquitaine. — XIII, Evagrius.
Le 24 août 4io, Rome fut prise par Alaric, meurtrie» profanée, Rome, la mère de toute civilisation, la créatrice du Droit, la maîtresse des peuples ! Ce fut une désolation et une stupeur. « Ma voix séteint, écrivait de Bethléem saint Jérôme, et les sanglots étouffent mes paroles. Elle est conquise cette ville qui a conquis tout l'univers. Que dis-je? Elle périt parla faim avant de périr par le glaive '. Cette cité fameuse, tête de l'empire romain, est dévastée par l'incendie. Point de région qui ne reçoive de Rome des fugitifs ^ J'ai voulu me mettre aujourd'hui à l'étude d'Ezéchiel, mais au moment même où je commençais à dicter, j'ai ressenti un tel trouble en songeant à la catastrophe d'Occident que les mots cessaient de s'offrir à moi. Longtemps je suis demeuré silencieux, me rendant bien compte que c'était le ■ temps des larmes '... » L'idée de l'éternité de Rome était enracinée dans les esprits. Sans se priver de rappeler à l'occasion les taches qui avaient souillé l'histoire de la ville, les apologistes chrétiens eux-mêmes acceptaient volontiers cette idée depuis que s'affirmait l'étroite union de l'Église et de l'État.
Toutes ces illusions se trouvaient compromises. Et
ï. Ep. CXXVII, 13.
a. Ep. cxxviii, A.