‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 329 sur 460 · Conf., IX, X · texte numérisé non relu

Conf., IX, X

?>. Voy. dans les Soliloques le chap. vu : (( Ego praesumpsi », etc. C'est déjà, en prose, tout lV:lau d'uoe hymne du moyen-Age.

Dieu, mais il se souvient d'avoir aimé « la grâce périssable ' des corps, la candeur de la lumière, la douce mélodie des cantilènes, l'odeur délicieuse des fleurs, les membres faits pour les embrasseraents de la chair ' », et c'est de toutes ces suavités épurées, transfigurées, idéalisées, qu'il compose le mystique parfum de son amour pour « le Père des miséricordes ».

Qu'on ne s'y trompe point cependant! Dans cette âme de charité incandescente, experte à trouver des paroles de flamme pour dire à Dieu sa tendresse % vivait aussi la dureté redoutable du dialecticien. Que de cœurs anxieux a consternés sa doctrine sur la grâce, sur les destinées effrayantes réservées à la plus grande part de la masse de perdition {massa perditionis) qu'est à ses yeux l'humanité! N'est-il pas allé jusqu'à vouer à l'enfer les petits enfants morts sans baptême, les frustrant de cette medietas même, de cet état intermédiaire que réclamaient pour eux les Pélagiens ^ ?

Ajoutons que sa curiosité scientifique fut médiocre. A ce point de vue, il diffère profondément de saint Jérôme, dont il comprit mal et parut décourager les efforts, dans le domaine scripturaire. Les exégètes qui souhaitent une plus large interprétation de la Bible ont la déception de ne trouver chez Augustin aucun

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