‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 334 sur 460 · I, XI. i · texte numérisé non relu

I, XI. i

4. Il avoue en deux endroits qu'il n'est pas grand clerc en fait de grec (Contra litt. PetiL, II, xxxviii, 91 ; de Trin., III, i, i). Toutefois les texte» réunis par H. Becker, Augustin, Studien zu seiner geistigen Eutwieklun^, L. 1908, p. iaa-i3i, prouvent qu'il en avait pris beaucoup plus qu'une connaissance superficielle.

l'évolution de sa destinée 529

revint à Thagaste (été 869). Il avait alors seize ans. Ces mois d'oisiveté ne lui profitèrent point moralement. Il tournait au franc mauvais sujet. 11 raconte, entre autres exploits, qu'il déroba un jour avec quelques camarades les fruits d'un poirier : peccadille sans grande importance, dont il conservait pourtant le remords cuisant, parce qu'il y avait pour la première fois senti sa propension à faire le mal pour le mal, à goûter ce qui est défendu par le seul fait que cela est défendu '. — Grâce à la munificence d'un riche habitant de Thagaste, Romanianus, il put enfin s'acheminer vers Carthage, foyer de culture, mais aussi ville de joie *. Il s'y jeta dans le plaisir avec toute la fougue d'une âme passionnée, avide de vivre dangereusement et qui ne redoutait rien tant qu' (I une voie sans souricières ' » . « Nondum amabam et amare amabam... » Du jour où il fut aimé et oii il aima, ce furent les soupçons jaloux, les querelles, toutes les ardeurs et toutes les misères des liaisons sensuelles. Comme les émotions du cœur et de la chair, celles du théâtre éveillaient aussi en lui un écho profond, surtout quand, le remuant à fond, elles le forçaient à verser des larmes *. Cependant il suivait assidûment l'école du rhéteur et s'abstenait des turbulences de certains de ses camarades qui s'étaient constitués en équipes d'euersores (brise-tout), fort redoutables aux gens tranquilles. Il conservait un fond de sérieux jusque dans sa vie dissipée, dont au surplus il ne faudrait pas exagérer le dérèglement, puisqu'il

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