‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 335 sur 460 · Viam sine muscipulis » {Conf., III, i, i). U. III, II · texte numérisé non relu

Viam sine muscipulis » {Conf., III, i, i). U. III, II

53o SAINT AUGUSTIN

nous apprend lui-même qu'il gardait à sa concubine une fidélité conjugale.

A dix-neuf ans (^yS) il lut V Horiensiiis de Cicéron. Dans ce dialogue, dont nous n'avons plus que des fragments, Cicéron répondait aux critiques d'Hortensius contre la philosophie par un magnifique éloge de cette forme d'activité intellectuelle, plus capable qu'aucune autre d'orienter l'homme vers le bonheur véritable, lequel ne consiste point dans les décevantes jouissances matérielles, mais dans la vie de l'esprit. C'est de cette lecture qu'Augustin lui-même fait dater l'éveil de son goût de la « sagesse », et une sorte de renouvellement de sa sensibilité : k Ille uero liber muiauil qffectum meum... ' » « Surgere coeperam, ut ad te redirem... » L'appel de l'infini a retenti sourdement dans son cœur prédestiné. Le voilà en route, et, à travers bien des étapes souvent douloureuses, il ne s'arrêtera plus qu'au but !

Il se mit à l'étude des Écritures, car, par une influence évidente de son éducation première, il éprouvait un malaise à se satisfaire d'une sagesse absolument étrangère au nom du Christ. Mais la forme maladroite des traductions latines de la Bible le rebuta vite *. Déçu, il les rejeta comme incompréhensibles et barbares.

Ce fut du côté des manichéens, qui étaient fort nombreux en Afrique, qu'il se tourna ^ La secte lui promettait la a vérité », et cette seule promesse, dans l'ardeur d'esprit où il était alors, suffisait à l'attirer*. Elle le retint ensuite par diverses attaches qu'il a bien

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