‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 336 sur 460 · De Util, credendi, i · texte numérisé non relu

De Util, credendi, i

l'évolution de sa destinée 53 1

su définir, a) Les manichéens prétendaient n'imposer aucune vérité avant que cette vérité fût devenue évidente à celui qui devait l'embrasser. Or justement le sens propre, aiguisé par les exercices de l'école, était très fort chez Augustin, et lui rendait pénible la méthode d'autorité, usitée parmi les catholiques '. b) Les critiques exercées par les manichéens contre l'Ancien Testament, les questions ironiques qu'ils posaient sur certaines licences octroyées par Dieu aux patriarches, déconcertaient Augustin. N'ayant encore qu'une idée très imparfaite de l'économie de la Révélation, il n'était pas loin de considérer leurs objections comme irréfutables ^ c) Il avoue aussi qu'il avait quelque peine à concevoir Dieu comme un être purement spirituel. Il lui semblait que tout ce qui est doit être corporel, de façon si épurée et quintessenciée qu'on entende ce mot. Or justement les manichéens n'admettaient autre chose que la matière, plus ou moins subtilisée', d) La doctrine des manichéens sur les deux Dieux coéternels, l'un principe du bien, l'autre principe du mal, ayant mis tous deux leur empreinte sur chaque créature, élucidait à ses yeux le problème de l'origine du mal et l'exonérait de ses fautes devant sa propre conscience *. e) Enfin le nom de Jésus-Christ, que la secte mêlait à ses conceptions métaphysiques, achevait de le rassurer, et de l'incliner à la sympathie.

Pendant neuf années, de 19 à 28 ans, il devait la leur conserver, en dépit du chagrin de la pieuse Monique, que ces aberrations désolaient.

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