VII, VII, I
h. 111, XI, 30; IV, I, I.
Vers sa vingtième année (c. Sy^), il était devenu professeur dans sa ville natale à Thagaste '. Sa liaison persistait avec la même femme, qui lui avait donné un fils, Adeodatus. Malgré son adhésion au manichéisme, il avait l'âme insatisfaite et cherchait sa voie à travers les livres. Curieux de tout connaître, l'astrologie le séduisit un moment, mais un certain Vindicianus, personnage proconsulaire mieux instruit que lui du néant de cette pseudo-science, réussit à l'en détromper -. Puis la mort d'un ami cher le réduisit à une telle extrémité de souffrance ' qu'il se résolut à quitter Thagaste pour Carthage, où une place de rhéteur lui était offerte *.
Il y resta environ huit ans. C'est là qu'il composa son premier ouvrage, que nous n'avons plus, le de Pulchro et Apto. Il ne tarda pas à y perdre de ses illusions sur le manichéisme. Les fantaisies de Manès en certaines questions d'ordre scientifique, où un contrôle personnel était possible, lui avaient toujours paru étranges et il s'étonnait que Manès les présentât comme inspirées. Les manichéens qu'il interrogeait éludaient régulièrement ses questions. Or voici qu'arriva à Carthage un évêque manichéen, nommé Faustus, qui passait pour éloquent et docte entre tous. Augustin s'empressa de lui proposer ses doutes. Mais l'autre ne sut lui répondre que de jolies phrases et finit par lui avouer bonnement qu'il n'entendait pas grand'chose à ces matières-là. Du coup, Augustin sentit se refroidir sensiblement sa belle ardeur d'antan ^
I. Conf., IV, IV, 7. Cf. Possidius, Vita, i-ii. a. IV, III, 5.
3. V, les belles pages sur l'amitié : Conf., IV, v, 10, à IV, viii, i3.