V, III, 6; V, V, 8; V, m
l'évolution de sa destinée 533
Vers l'automne de 383 (semble-t-il), il quitta Carthage pour Rome', où on lui promettait des appoint tements plus élevés et un auditoire d'étudiants mieux discipliné. Quoique désabusé de la secte, il avait gardé des accointances avec les manichéens : c'est chez un « auditeur » qu'il logea d'abord et tomba gravement malade. Ce qui prouve que l'idée chrétienne n'avait encore en lui qu'une force bien médiocre, c'est qu'il ne souhaita point, en ces instants critiques, d'être baptisé -. Il en était arrivé à un certain scepticisme qui lui faisait trouver quelque apparence de bon sens aux doutes des philosophes académiciens, d'après qui l'homme ne pouvait accéder à la pleine intelligence d'aucune vérité \
Déjà il avait ouvert son école à Rome et groupé un certain nombre d'étudiants. Ceux-ci se montraient, en effet, moins bruyants qu'à Carthage. Mais Augustin apprit qu'il n'était pas rare que ces jeunes gens, en dépit des engagements pris, abandonnassent en masse une école pour se porter dans une autre. Un tel manque de parole lui déplut, et il saisit avec plaisir l'occasion qui lui fut donnée, grâce à la recommandation du préfet de Rome, Symmaque, de partir pour Milan, comme maître de rhétorique (384).
Il allait y rencontrer le principal ouvrier de sa conversion définitive. Saint Ambroise était à Milan un si important personnage qu'Augustin ne put s'abstenir d'aller se présentera lui. Il fut très touché de la bonté paternelle avec laquelle l'évêque l'accueillit : « Eiim amave coepi », dit-il *. Il eut la curiosité d'assister aux