V, XIII
sermons de l'évêque. La forme extérieure de ces allocutions le séduisit dès l'abord. 11 se flattait de n'être attentif qu'à la qualité des phrases. Mais l'enseignement d'Ambroise pénétrait peu à peu dans son esprit, le forçait à réfléchir. Il considérait jusqu'alors certaines doctrines du catholicisme comme insoutenables, et voilà qu'il s'apercevait qu'il n'en était rien. L'explication des Livres saints, telle qu'Ambroise la donnait, lui paraissait pleinement satisfaisante. Cette estime intellectuelle, nouvellement conçue, le décida à briser définitivement avec le manichéisme. Monique, qui était venue le rejoindre, apprit avec joie cette rupture et ne put s'empêcher de lui dire qu'elle avait la conviction qu'avant de mourir elle le verrait catholique fidèle *. Elle se mit à suivre assidûment avec son fils les instructions pastorales d'Ambroise. Augustin aurait bien voulu se confier plus complètement à Ambroise, mais la vie de l'évêque était si complètement accaparée qu'Augustin ne trouvait ni l'occasion ni le courage de s'expliquer à fond avec lui ^
Il restait ainsi dans un état de suspension et de perplexité : gagné à demi, mais ayant peur de se tromper une fois encore, et rêvant un peu naïvement d'obtenir « dans l'ordre des choses qui ne se voient pas » la même certitude qui lui faisait prononcer que sept et trois font dix^ Il sentait pourtant qu'il y avait plus de loyauté à réclamer, comme le catholicisme, la foi pour ce qui n'est pas susceptible de démonstration, qu'à promettre de tout démontrer, selon la tactique des manichéens, puis à s'en tirer finalement par des fables ridicules. Il avait perdu ses préjugés à l'égard