‹ Histoire de la littérature latine chrétienneChapitre 340 sur 460 · VI, IV, G · texte numérisé non relu

VI, IV, G

l'évolution de sa destinée 535

de la Bible. Dans le problème de la liberté, dont l'énigme le persécutait, un instinct profond l'avertissait que la responsabilité n'est pas un vain mot : « Cam aliquid uellem aut nollem, non aliiid qaam me uelle ac noUe certissimus erani et ibi esse causam peccati met iam iamque animaduertebam »*. Mais à ces intuitions justes, il mêlait encore bien des divagations. Puis il se sentait incapable de secouer les liens dont sa sensualité avait pris l'habitude. Sans le plaisir, la vie ne lui paraissait plus mériter ce nom, elle devenait une sorte de châtiment, non aita, sedpoena^. Sa mère songeait à le marier. On éloigna de lui la femme avec laquelle il vivait : il ne tarda pas à en prendre une autre. 11 avait près de trente ans. Onze années déjà s'étaient écoulées depuis qu'il s'était senti enflammé d'une belle ardeur pour la sagesse. 11 éprouvait une amertume profonde à se voir encore si loin de l'idéal que dans son enthousiasme juvénile il s'était jadis proposé.

Sur ces entrefaites, quelques livres a platoniciens », traduits en latin par le rhéteur Victorinus, lui tombèrent entre les mains'. Augustin n'en cite pas les titres. On pense communément qu'il s'agit d'ouvrages de Plotin et de Porphyre*. 11 fut vivement frappé des points de ressemblance entre les enseignements qu'il y trouvait et certains articles de la doctrine catholique, par exemple sur le Verbe; frappé aussi de ce qui y

i. VII, m, 5.

s. VI, XII, aa.

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