LE DE CATECHIZANDIS RUDIBUS
quelques principes dont il est bon de s'inspirer. D'abord, ne pas se mettre en peine de raconter, ni même de résumer, tous les faits qui y sont inclus, mais en choisir quelques-uns, les plus merveilleux, les plus attachants, en extraire tout le suc, et se contenter pour les autres de brèves allusions. — Inculquer aux esprits cette idée essentielle que tout dans l'Écriture, jusqu'à l'avènement du Christ, est la figure de ce qui s'est réalisé dans le Christ et dans son Église. Une fois cette vérité saisie, peu importe que les détails soient oubliés. — Faire comprendre aussi aux catéchumènes que la Rédemption a été essentiellement une œuvre d'amour, et qu'à l'amour divin l'amour humain doit répondre par une obéissance passionnée à la loi divine. — Interroger chacun sur les motifs personnels qui le poussent vers la foi, afin de mieux lui faire sentir Dieu dans les modalités de son expérience particulière. — Enfin ne pas craindre d'insister sur les promesses de résurrection, tant raillées par les païens et par les sceptiques, ainsi que sur les sanctions d'outretombe, sans oublier de prémunir les rudes contre le scandale que pourraient leur apporter les faiblesses de ceux qui sont déjà dans l'Église.
Telle est la méthode générale que préconise Augustin. Mais il se donne aussi la peine de prévoir et d'étudier certains cas spéciaux.
D'abord le cas de l'homme simplement cultivé {liberalibus doctrinis excuUus) ' qui vient au christianisme. II est probable qu'un postulant de cette qualité s'est déjà occupé depuis quelque temps des choses de la foi. Il ne faut donc pas l'ennuyer en le faisant repasser par les rudiments. Mais il sera bon de s'enquérir des