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livres qu'il a lus et où s'est formée son aspiration vers la foi. Si d'aventure c'étaient des ouvrages hérétiques, on devrait l'éclairer là-dessus en s'appuyant sur l'autorité de l'Église universelle. Certains auteurs, morts catholiques, ont pourtant favorisé l'hérésie en telles pages de leurs écrits : qu'il sache également par quoi leurs vues sont incompatibles avec la véritable orthodoxie.
Plus délicat encore est le cas oîj le catéchumène serait un intellectuel, un ancien élève des grammairiens et des rhéteurs, déjà initié à toutes les curiosités de l'esprit*. — La première démarche à tenter, c'est de lui donner le goût de l'humilité chrétienne, de lui démontrer qu'il est plus grave de pécher contre les mœurs que contre la grammaire. Si l'on arrive à percer l'enveloppe de ses préjugés classiques, à lui faire comprendre le sérieux de la vie humaine, la primauté de l'action sur les délicatesses de l'intelligence, un pas considérable aura été fait. — Quant à l'Écriture sainte, on n'en donnera le goût aux gens de cette sorte qu'en la leur présentant comme un livre mystérieux, fécond en sens profonds, où l'intelligence peut largement s'exercer : passage significatif, qui aide à pénétrer l'état d'esprit des lettrés du paganisme, et qui explique l'attachement des interprètes chrétiens à l'exégèse allégorique.
« On doit leur faire voir combien est grande l'utilité de ces choses cachées sous un voile, qui s'appellent pour cela même des mystères; combien ces énigmes obscures aiguisent l'amour de la vérité, dissipent l'ennui, le dégoût qu'inspire toute idée trop aisée à découvrir. »
Augustin s'étend enfin sur les dispositions d'esprit