Jbid., p. Lxxxv et s
LES LÉRINIENS 669
{qaod ubiqae, qaod semper, quod ab omnibus creditum est). Car c'est cela qui est véritablement et proprement « catholique », comme le montrent la force et l'étymologie du mot lui-même, qui enveloppe l'universalité des choses '. »
En revanche, sa théorie du progrès doctrinal % — qui s'opérerait par croissance organique, non par addition d'éléments primitivement étrangers, et qui consisterait à dégager, à mettre en leur jour les vérités impliquées dans le deposUam fidei et non encore aperçues, — est devenue la doctrine quasi officielle de l'Eglise '.
Vossius, le premier*, a soupçonné que l'opuscule de Vincent de Lérins pourrait bien être une pièce du dossier de l'affaire semi-pélagienne. Ce que dit Vincent au chap. xxvi, 8, de cette secte qui promet à ses adhérents « une grâce spéciale et strictement personnelle » que l'on reçoit « sans travail, sans effort, sans se donner aucun mal, sans même qu'on demande ni qu'on cherche ni qu'on frappe » ^ convient bien, selon l'aveu de Tillemont lui-même % « au tour odieux que les semi-Pélagiens donnaient à la doctrine de la grâce pour la décrier dans l'esprit des peuples » . D'autres indices suggèrent la même conclusion. Sans doute serait-il tout à fait exagéré de soutenir (comme
a. XXIII.
3. Quoi qu'on en ail dit, Newjian ne concevait pas très dififéremment le développement du dogme : cf. Essays crilical and historical, Loodon, 1871, t. 1, p. 387.
4. Hist. de controuerslix quas Pelagius eiusque reliqaiae mouerunt, Leyde^ 1618, 1. 1, S 9.
5. « Etiamsi nec pétant, nec quaerant, nec puisent. » Cf. saint Augustin, de Dono perseu., xxiii, 64 : « Adtentant ergo quomodo falluntur, qui putant esse a nobis, non dari nobis, ut petamus, quaeramus, pulsemus. »